26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 09:00

Deux voeux sur la Bretagne à cinq départements, proposés incidemment, hier soir, par Isabelle le Bal, du MoDem, et Loïc Philippon, de la majorité, ont nourri l'essentiel des débats du conseil municipal de Quimper. Qui les a votés in fine.

Le voeu d'Isabelle Le Bal allait droit au but, appelant à ce que Quimper se positionne, «comme 4.200 élus bretons à ce jour», pour l'association de la Loire-Atlantique aux quatre départements bretons. Le second, présenté par Loïc Philippon, appuyait davantage sur la démarche à mettre en oeuvre «le plus tôt possible» pour qu'un référendum puisse être organisé sur ce sujet.

«La Bretagne se retrouve»

Ceci posé, Bernard Poignant a ouvert les débats en indiquant qu'il voterait ces deux voeux, «mais j'attends de voir ce qu'on fera du reste des Pays de la Loire. Ce qui se fait ne peut se réaliser dans l'ignorance des autres». Ajoutant aussitôt: «Si cela venait un jour, il faudra nous dire où est le siège du conseil régional». Parmi les multiples prises de position qui se sont ensuite succédé, citons la plus passionnée, par la voix de Georges Cadiou (UDB): «Nantes et la Loire-Atlantique ont été séparées de la Bretagne en 1941, à la suite d'un décret inique du maréchal Pétain. Une Bretagne réunifiée de 4,5millions d'habitants serait un plus, avec une ouverture plus large sur la mer», a-t-il notamment déclaré. Pierre Donnars a annoncé qu'il voterait lui aussi les deux voeux pour que «la Bretagne se retrouve dans son unité historique, culturelle». Daniel LeBigot s'y est aussi associé.

«Cette disposition sera néfaste»

Martine Petit s'est, quant à elle, positionnée contre le voeu d'Isabelle le Bal «car je pense que ça ne servira pas l'intérêt général des Mayennais, des Sarthois, des Vendéens qui vont rester sans la Loire-Atlantique. Cette disposition sera néfaste. Et si l'on détricote les régions, il faudra remettre à zéro tous les réseaux de partenariat». Elle s'est abstenue sur le voeu de Loïc Philippon, remarquant que le rapport Balladur, qui a provoqué la résurgence de ce débat, «est particulièrement silencieux sur la démocratie participative». M.Fontaine a fait part de son «hésitation. Même si nos voeux sont satisfaisants au plan émotionnel et culturel, ils sont compliqués au plan administratif. La réunification, oui, mais comment?».

«Je n'ai pas peur du suffrage universel»

Piero Rainero a voté les deux voeux «sans passion». Denise Cariou et Armelle Uruguen n'ont pas souhaité prendre part au vote, arguant «qu'aujourd'hui, quand on veut coopérer, on le peut. Alors, pourquoi réunifier?». Au contraire de Marc Andro, qui n'a pas caché un certain enthousiasme: «Le fait que nous ne soyons pas unanimes ne me chagrine pas. À ceux qui s'abstiennent ou qui votent contre, je dis que je n'ai pas peur du suffrage universel. Il a le droit d'être sollicité sur cette question». Jean-Pierre Bigorgne le rejoignait sans états d'âme. «Quant à pourquoi le faire? Il reste beaucoup de travail pour les régions, bien moins fortes que leurs homologues, comme les "Länder" allemands». Au final, seuls Philippe Calvez et Ludovic Jolivet ont voté contre le voeu de Loïc Philippon, qui a également recueilli six abstentions. Le voeu d'Isabelle Le Bal a, quant à lui, essuyé deux votes contre (Martine Petit et Philippe Calvez) et onze abstentions.

  • Thierry Charpentier, Le Télégramme.

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Publié par David Guillerm - dans Bretagne
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