7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 10:00

Profession de foi à destination du Modem 44
Sylvie Goulard, Elections européennes du 7 juin 2009


L’Europe est un projet fantastique, un héritage précieux. Ses difficultés actuelles ne doivent pas occulter ses réalisations :

- la paix dont nous ne voyons plus, hélas, le bénéfice mais qui, par rapport aux générations précédentes et à tant de régions du monde dévastées par la guerre, représente un privilège inouï ;

- la fin des dictatures dans les pays du Sud comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal, ainsi que la sortie du communisme de l’Europe centrale et orientale;

- un marché commun qui, avec l’Euro, constitue le socle de notre prospérité ;

- un espace de liberté et de justice encore imparfait mais qui repose déjà sur des droits fondamentaux effectivement respectés.


L’Europe, c’est aussi une formidable école d’apprentissage mutuel et d’échanges humains. C’est un creuset de plus de vingt langues et de cultures séculaires qui se respectent. Forte de 500 millions d’habitants, l’UE possède un potentiel considérable.

Pourtant, depuis quelques années, les citoyens se détournent d’elle.


Rappelons leur que l’aventure en vaut la peine :

1) Cela marche. Et même trop bien ! Le pire danger actuel est de croire la paix acquise pour toujours, le discours nationaliste ou protectionniste sans conséquence, les avantages de l’union dissociables des devoirs de chacun, ou l’Euro de la discipline collective. Ces bienfaits sont comme l’air que nous respirons, présents et invisibles. Leur valeur nous échappe et pourtant, sans eux, nous ne vivrions pas aussi bien.


Naturellement, tout n’est pas parfait. Nous prônons plus de solidarité entre Européens, plus d’harmonisation fiscale et des retombées plus concrètes pour tous les citoyens, en matière de mobilité, de santé, de protection sociale. Nous voulons que l’UE accélère sa lutte contre le changement climatique et se dote d’une politique de l’énergie. Nous voulons une diplomatie commune et des réponses vraiment conjointes à la crise économique.

2) Cela doit marcher. L’Union est le seul prototype d’une nouvelle forme de démocratie, supranationale. Notre devoir, vis-à-vis de nos enfants est de le perfectionner. Qu’il s’agisse de changement climatique, de régulation du commerce, de santé publique, d’agriculture ou de justice sociale, l’échelle d’action appropriée est planétaire. Le souverainisme est une impasse. L’union des Européens ne règle certes pas tout d’un coup de baguette magique mais sert l’unité mondiale.

L’union fait la force : à 500 millions, notre voix portera. Et l’union fait le droit : nous avons un savoir faire de 60 ans de régulation supranationale. A l’échelle du monde, nous sommes les seuls à pouvoir faire valoir une telle coopération, supranationale, effective, organisée de régulation et de décisions en commun.

3) Cela peut marcher. L’ignorance dans laquelle sont encore maintenus les citoyens européens sur leurs droits et les enjeux européens, les barrières qui entravent le débat politique européen, les lacunes de l’apprentissage des langues et des cultures des autres laissent une immense marge de progression. C’est la raison de mon optimisme ; le jour où nous nous mettrons vraiment à « faire l’Europe », cela ira bien mieux. Bronislaw Geremek disait qu’après avoir fait l’Europe, il fallait faire les Européens et il avait raison ! C’est le défi de notre génération. Nous devons prendre la mesure de la révolution politique qu’est l’Europe et changer notre manière de faire de la politique et d’élever nos enfants, afin de les préparer à être des acteurs de cette aventure.

L’Europe ne fait pas disparaître les Etats et les identités. Elle les enrichit en les confrontant les unes aux autres. Rassurons ceux qui ont peur. Soyons nous-mêmes fiers de ce qui a été accompli et confiants dans l’avenir.

4) Cela va marcher. Dans le fond, cela dépend de chacun de nous. Je me suis engagée pour défendre, sous les couleurs du Modem, l’idéal d’une société européenne et mondiale plus juste, plus fraternelle où l’appartenance nationale, pas plus que la couleur de la peau, ne déterminent le destin des êtres humains.

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Publié par David Guillerm - dans Europe
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