25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 10:00


La présidence suédoise de l'Union Européenne veut proposer aux 27 autres États Membres une taxe carbone européenne afin d'obliger notre société à s'adapter au défi écologique. Cette taxe carbone, une fois réglé le problème des plus démunis, sera une taxe novatrice et sûrement bénéfique pour relever les enjeux du XXIe siècle.

Cependant, nous pouvons nous demander si la présidence suédoise voit concrètement les choses. En effet, une taxe carbone qui ne serait pas appliquée à nos frontières serait comme se planter un clou dans le pied. Nous ne pouvons pas appliquer des surcharges à notre économie et laisser les pays hors-UE avoir une production polluante et non-concurrentielle. Cela aura pour conséquence de casser encore plus notre économie face aux pays à bas coût.

Nous avons aujourd'hui l'occasion de faire un protectionnisme raisonné et raisonnable alors faisons le! Raisonné car on doit arrêter de nous faire croire que le libre-échange absolu est bon. C'est faux et les salariés d'Europe s'en rendent bien compte. Raisonnable car une taxe de cette sorte à nos frontières permettraient de rééquilibrer un marché largement en faveur des pays sans réelle structure sociale. De plus, cette taxe pousserait sans aucun doute c'est pays à s'adapter à l'enjeu environnementale car ils ne feront pas l'impasse sur le plus grand marché du monde.

Voici l'article qui m'a fait réagir:

Une taxe carbone à l'étude en Europe mais pas frontialière

ARE, Suède (Reuters) - La présidence suédoise de l'UE va soumettre aux Vingt-Sept l'idée d'une taxe carbone européenne mais se refuse à envisager la mise en place d'un impôt spécifique aux frontières, comme proposé par Paris en cas d'échec des négociations de Copenhague.

Alors que plusieurs pays, dont la France, travaillent déjà sur un dispositif national visant à taxer les énergies fossiles pour modifier les comportements de consommation, la ministre suédoise de l'Energie, Maud Olofsson, a indiqué que son pays présenterait prochainement une proposition en ce sens aux ministres des Finances des Vingt-Sept.

"Nous voulons en discuter", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse à Are, dans le centre de la Suède, où les ministres européens de l'Environnement et de l'Energie étaient réunis pour une réunion informelle.

Son collègue de l'Environnement, Andreas Carlgren, a abondé en ce sens et indiqué que c'était une mesure prometteuse, permettant de s'attaquer en parallèle au changement climatique et aux déficits budgétaires excessifs.

"Il faut jeter des ponts entre les ministres de l'Environnement et ceux des Finances, a-t-il fait valoir.

Plusieurs pays européens, au sein et en dehors de l'UE, ont commencé à réfléchir à un tel dispositif, et les Etats-Unis ont laissé entendre en juin qu'ils pourraient eux-aussi s'y rallier.

Interrogé sur l'initiative suédoise, le ministre français de l'Ecologie et de l'Energie, Jean-Louis Borloo, s'est dit favorable sur le principe mais a estimé que les Européens n'étaient "pas obligés de tout faire à la même heure".

Le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, a quant à lui considéré que si l'idée était séduisante sur le papier, elle serait difficile à mettre en oeuvre.

"Il faut l'unanimité sur ces questions et c'est difficile mais nous encourageons et nous tendons vers des mesures nationales de ce type, a-t-il dit.

PAS DE TAXE AUX FRONTIÈRES

A Are, les Vingt-Sept se sont en revanche montrés largement opposés à l'idée d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe si la communauté internationale ne parvient pas à se mettre d'accord en décembre à Copenhague sur des objectifs ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique.

"Il faut éviter de verser dans un débat controversé sur le protectionnisme et je préfère miser sur l'éco-efficacité", a déclaré Maud Olofsson, avant qu'Andreas Carlgre n appelle à "résister aux sirènes du protectionnisme".

"La menace fiscale pourrait entraver les négociations et nous n'avons pas de plan de secours", a-t-il indiqué lors de la conférence de presse.

Stavros Dimas a immédiatement confirmé et a expliqué que "l'UE particip(ait) aux préparations pour Copenhague non pas en exerçant des pressions, mais en créant un climat de confiance entre les parties".

"La négociation doit se fonder sur la confiance mutuelle ou réciproque", a-t-il ajouté.


L'idée d'une telle taxe, mise en avant par le président français Nicolas Sarkozy, est de protéger les entreprises européennes d'une concurrence internationale déloyale en prélevant un impôt sur les biens produits à l'extérieur de l'UE selon des normes environnementales moins exigeantes que sur le vieux continent.

Souhaitant lui-aussi couper court à tout débat, le secrétaire d'Etat allemand à l'Environnement, Matthias Machnig, a de nouveau fait part des "doutes" de Berlin avant la réunion.

"Ce serait une nouvelle forme d'éco-impérialisme", a-t-il dit avant de faire valoir qu'il fallait plutôt travailler à la création d'un marché mondial du CO2.

Julien Toyer, édité par Jean-Loup Fiévet

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commentaires

Philippe Tourenne 26/07/2009 17:38

Oui je suis d'accord. La taxe carbone ne doit pas s'arrêter aux frontières de l'Europe mais aux frontières nationales.
Sans cela, comment gérer l'hérésie du yaourt discount, pour le compte duquel, la matière première a traversé plusieurs fois l'Europe avant d'atterrir à prix cassé dans un réfrigérateur français?

Quant à "ne pas céder aux sirènes du protectionnisme" il faut arrêter ce débat d'un autre âge. Je suis choqué que Barnier, la FNSEA, et les producteurs de lait français aient passé des heures de négociation pour aboutir à une augmentation de 9 centimes à l'achat du litre au producteur, alors que plus de 30 étaient nécessaires pour (seulement) rentabiliser la production du lait.
Pendant ce temps, la France importe du lait de Nouvelle Zélande. C'est un scandale national. La réponse c'est la taxe carbone. et tant pis si ça ne plait pas aux partisans du capitalisme sauvage.

       

 

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