4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 13:33

A l'heure où l'instauration d'une taxe-carbone est en discussion, qui porterait notamment pour les ménages sur le carburant des transports et les modes de chauffage, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié, vendredi 31 juillet, une étude intitulée Dans les grandes agglomérations, la mobilité quotidienne des habitants diminue, et elle augmente ailleurs. Alors que les citadins réduisent leurs mobilité et ont accès à différents moyens de transport, les ménages ruraux sont contraints en effet d'utiliser leurs voitures pour des distances toujours plus longues.
 
Selon l'étude de l'Insee, la distance moyenne, à vol d'oiseau, des déplacements quotidiens a augmenté de 8 % entre 1994 et 2008. Le chiffre révèle cependant d'importantes disparités. Dans les grandes villes, la tendance est moins marquée qu'ailleurs : la distance parcourue a même baissé de 5 % depuis 1994, tandis que le temps moyen consacré au transport baissait de trois minutes pour s'établir à 68 minutes. Dans les zones moins urbanisées, si le temps de trajet est presque équivalent en 2008 – 64 minutes –, le nombre de kilomètres effectués chaque jour a fait un bond de 12 %. Ainsi, hors des grandes agglomérations, la distance pour se rendre dans un commerce ou une école a augmenté respectivement de 29 % et 22 %, et le temps pour s'y rendre de 17 % et 9 %, entre 1994 et 2008.
 
UNE AUGMENTATION DU NOMBRE DE VOITURES DANS LES ZONES RURALES

Jean-Paul Hubert, qui a réalisé l'étude, analyse cette évolution : "De nombreux citadins étant partis s’installer dans la grande périphérie des villes, et nombre d’équipements ou établissements ayant fermé en zone rurale, les distances pour aller au travail, à l’école ou faire des achats se sont allongées." Les distances domicile-travail continuent en effet de s'allonger ainsi que la durée des trajets. En moyenne, aller au travail et en revenir demande près de 50 minutes à un actif des grandes agglomérations, contre 36 minutes ailleurs.

En revanche, les citadins ont tendance, depuis 1994, à réduire leurs déplacements : un trajet de moins par semaine en moyenne. Ils modifient également leurs comportements pour accorder plus de place aux transports verts. Selon l'étude, les déplacements effectués à pied et à vélo sont respectivement en augmentation de 3 et 1,5 point, tandis que les transports en voiture baissent de 5 points.

Les zones rurales sont évidemment les plus motorisées. Dans des espaces souvent très mal desservis, seulement 5 % des trajets sont effectués en transport en commun en 2008. De la même manière, le covoiturage n'est pas encore entré dans les mœurs : 58 % des trajets sont réalisés par des conducteurs seuls, contre 49 % en 1994. Pour faire face à l'éloignement, les habitants des zones faiblement desservies n'ont souvent pas d'alternative à la voiture, et le nombre de véhicules augmente de deux points. "68 % des personnes appartiennent à un ménage comptant autant de voitures que de membres adultes, contre 54 % en 1994", relève encore l'étude.


Mael Inizan, Le Monde

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Publié par David Guillerm - dans environnement
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