3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 10:00
L’université de rentrée du MoDem s’ouvre vendredi 4 septembre sur fond de débat sur la stratégie à adopter après l’échec des élections européennes

Le Mouvement démocrate (MoDem) est un parti jeune, créé en décembre 2007 dans la foulée de l’élection présidentielle, mais ses militants sont déjà passés par tous les sentiments. Ils ont connu la « grandeur » (les 18,57 % de François Bayrou au premier tour de la présidentielle) et la « décadence » (les 8,46 % de leurs listes aux européennes). Une douche écossaise qui ne semble pas les avoir découragés.

« Les militants ont été déçus par le résultat des européennes, mais ils restent mobilisés », assure Franck Faveur, président des Jeunes démocrates (JDem), organisateur de l’université de rentrée qui s’ouvre demain à La Grande-Motte (Hérault). Pour preuve, un nombre d’inscrits « en hausse » par rapport aux rendez-vous précédents de Seignosse (2007) et Cap-Estérel (2008) : sans compter l’appoint de sympathisants attendu dimanche matin pour le discours de François Bayrou – 1 600 personnes seront présentes de demain à dimanche au lieu de 1 300 l’année dernière.

« Les militants ont vécu les européennes comme un accident. Ce qui leur donne de l’espoir, c’est qu’ils ont vraiment l’impression que les scores auraient pu s’inverser entre Daniel Cohn-Bendit et nous, explique François Deseille, président du MoDem de la Côte-d’Or issu de l’UDF. L’électorat est très volatil : à nous de savoir nous mettre en situation de rassembler ceux qui partagent nos idées mais qui, au dernier moment, ont voté pour les listes Europe Écologie. »

"Un avenir radieux" ?

Même optimisme de la part d’Erwan Balanant, son homologue du Finistère. « Les élections européennes ont été un moment un peu douloureux pour tout le monde, candidats et militants. Mais la page est tournée. Nous avions décidé de faire profil bas cet été, et nous sommes pourtant revenus au centre de toutes les convoitises et des discussions politiques, ce qui nous promet un avenir radieux ! », se réjouit cet ancien sympathisant PS.

De fait, François Bayrou s’est astreint pendant l’été à une « cure de silence », se réservant pour son discours de rentrée. Une pause qui semble pour beaucoup nécessaire à tous égards. « J’ai pris de très longues vacances : cinq semaines, cela faisait des siècles que cela ne m’était pas arrivé ! confie Bernard Lehideux, non réélu en juin dernier au Parlement européen. J’ai le sentiment que depuis la création du MoDem nous n’avons pas eu le temps de nous poser et de réfléchir entre nous. Nous avons tout donné à l’élection présidentielle, comme quelqu’un qui vient de finir une finale du 100 mètres, mais nous n’avons ensuite pas pris le temps de reprendre notre souffle, de nous ressourcer », raconte cet ancien giscardien.

Un sentiment que confirme Gilles Artigues, médiateur national des adhérents du MoDem. « Nous avons toujours été pris par les échéances électorales et nous n’avons pas pris le temps d’associer au MoDem quelques idées fortes », reconnaît cet ancien député UDF. D’où la décision d’organiser, après l’université de rentrée, un « congrès programmatique ».

"Le piège qui nous est tendu, c’est de nous étiqueter de gauche"

Quant à la question des alliances électorales, relancée après la main tendue par Marielle de Sarnez au courant du PS animé par Vincent Peillon, elle sera certainement au cœur du grand débat « Parole aux adhérents », vendredi soir, ainsi que des conseils nationaux des JDem (samedi) et du MoDem (dimanche).

« Je ressens chez les militants un besoin de clarification, poursuit Gilles Artigues. Le piège qui nous est tendu, c’est de nous étiqueter de gauche. François Bayrou est très attendu sur cette question-là. Je pense qu’il devrait aussi tendre la main à des personnalités de centre droit qui se sont laissées aller à soutenir Nicolas Sarkozy. Avant les européennes, les militants attendaient que d’autres les rejoignent au MoDem. Aujourd’hui, ils sont davantage dans l’idée de participer avec d’autres à un rassemblement. Mais les militants ne veulent pas d’une alliance d’appareil avec le PS national, dont une partie ne partage pas nos convictions. »

« Je souhaite que l’éventualité d’une alliance verte-orange soit étudiée », plaide pour sa part Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem. Estimant que le parti n’est pas encore suffisamment « démocratique et ouvert », l’ancienne ministre de l’environnement d’Alain Juppé espère que l’université de rentrée permettra aussi bien de « travailler sur le projet » que de « débattre sur l’orientation et les alliances nécessaires ».

Attention, prévient d’ailleurs Erwan Balanant : « Nous sommes à un tournant. Les militants attendent beaucoup de ce rendez-vous. Il ne faudrait pas que le MoDem se perde dans la préparation des élections régionales en mettant de côté l’élaboration du projet. »
Laurent DE BOISSIEU

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