10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 10:00


Jeudi 20 Aout 2009, le gouvernement français a décidé de regarder le problème des algues vertes en Bretagne en face. Ceci fait suite à la découverte de la mort d’un cheval, du malaise de son cavalier et d’un rapport officiel de l’Ineris prouvant la dangerosité de ces algues. Ainsi, François Fillon avait une occasion de montrer l’engagement du gouvernement en faveur de l’environnement prit lors du grenelle de l’environnement. Cette journée fut une grande déception pour les bretons et le milieu associatif.


En effet, les collectivités locales dépensent chaque année plus de 500 000 euros pour ramasser 60 000 m3 d’algues vertes. Les mesures annoncées par le gouvernement pour enrayer ces dépenses sont illusoires.


Le gouvernement propose 3 points : l’Etat prendra en charge le nettoyage des plages qui sont les plus touchées (simple transfert des charges des collectivités vers l’Etat), il va mettre en place une mission interministérielle pour bâtir un plan d’action contre la prolifération des algues vertes (ce qui reste assez vague), enfin, il va chercher des solutions efficaces de ramassage et de protection de la population.


Le seul élément concret que notre 1e ministre ait su donner lors de sa visite en Bretagne fut qu’il existait un projet d’expérimentation du ramassage d’algues en pleine mer. Cette action sera pourtant anecdotique et bien insuffisante pour relever le défi des algues vertes.


Il est dommage de constater qu’il faut toujours des morts avant de faire réagir les autorités mais enfin, l’Etat a pris conscience du problème des algues vertes après 20 ans d’échouage…


Un point positif lors de cette journée fut cependant l’idée du droit à l’expérimentation exigée par la région qui semble avoir fait son chemin apportant un soutient à la régionalisation.


Régler le problème à la source


La visite de François Fillon en Bretagne avec d’autres ministres fut donc décevant car le problème des algues vertes n’est pas pris à la source et on voudrait nous faire croire que nous devrions nous adapter à un monde où les algues vertes seraient un mal nécessaire avec lesquelles il faudrait vivre.


Nous savons pourtant que ces algues sont dues à un trop fort taux de nitrate dans l’eau de nos rivières se déversant dans nos mers, à cause de l’agriculture et de l’élevage. Le problème est donc ciblé. Le but n’est pas de faire couler une profession ou une autre mais d’avancer tous ensemble pour améliorer nos pratiques dans le cadre du développement durable.


Des solutions existent


Aujourd’hui, des solutions existent et le gouvernement ne semble pas vouloir les voir.


Nous devons soutenir la reconversion agricole pour de nouvelles pratiques plus respectueuses de l’environnement. Ce soutien ne pourra se faire que sur des projets concrets et sur des moyens financiers importants. Ainsi, les normes environnementales doivent être plus strictes (taux de nitrates…).


De plus, l’uniformisation de nos pratiques aux échelles régionales, nationales, européennes voir mondiales n’est pas toujours logique avec les réalités du terrain. Nous devons adapter les dates d’autorisations d’épandages de lisier. En effet, des dates mal ajustées sont catastrophiques pour l’eau de nos rivières si les plantes n’ont pas besoins de ce lisier. Nous devons également et cela dans la mesure du possible, réfléchir à de nouvelles méthodes de traitement du lisier.


Enfin, nous devons réfléchir à une agriculture locale et non pas mondialisée. De nombreuses associations environnementales, déçus par François Fillon, ont sorti un manifeste pour un changement des pratiques agricoles.


Ces associations prônent ainsi la culture de la luzerne au détriment de celle du maïs en Bretagne car c’est une plante beaucoup plus riche en protéines que le maïs et qu’elle absorbe considérablement les nitrates du sol (cf expérience effectuée à Vittel dans les Vosges où la luzerne à réduis de 10mg/L le taux de nitrates).


C’est seulement en agissant sur la production de nitrate et sa concentration dans le sol et l’eau que nous pourrons agir durablement sur les algues vertes et leur prolifération.

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