16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 10:00

Nous apprenions hier que Bernadette Chirac, la femme de Jacques Chirac, ancien président de la République, va rejoindre le Conseil d’Administration du groupe LVMH qui détient la célèbre marque Louis Vuitton. Ainsi, l’ancienne première dame de France va rejoindre le club très fermé du Cac40 et me donne l’occasion de parler de celui-ci.

Non, la crise n’aura rien changé. Non, le monde très fermé du Cac40 ne se sera pas ouvert alors même que le Medef et l'Association française des entreprises privées (AFEP) appelés à des changements majeurs des pratiques des entreprises du cac40.

Les chiffres sont édifiants : 200 personnes se partagent la quasi-totalité des sièges des Conseils d’administration des grandes entreprises françaises. Cette consanguinité néfaste et étrange est précisée de manière encore plus inquiétante dans un article du journal Le Monde : Une petite centaine de personnes (98 exactement), soit 22 % des administrateurs, détient 43 % des droits de vote des sociétés du CAC 40.

Nous pouvons ainsi lire dans l’article : « La consanguinité a donc toujours cours au sein des conseils, au détriment de leur indépendance. Car, et c'est une autre spécificité française, les conseils d'administration des sociétés du CAC 40 ne se sont alignés ni sur "le modèle anglais, où les actionnaires ont des pouvoirs étendus, (ni sur) le modèle des Etats-Unis, pour ne pas citer le modèle allemand, où conseils d'administration et de surveillance sont plus indépendants et conçus comme arbitres des intérêts divergents des parties prenantes", expliquent Xavier Ragot, chercheur au CNRS, et M. Beffa, dans un article cosigné dans l'ouvrage A quoi servent les actionnaires ? (Albin Michel, 2009).

De fait, environ 60 % des sociétés du CAC 40 ont un conseil aux mains des dirigeants ; et 40 % aux mains des actionnaires, qu'il s'agisse de fonds d'investissement, d'investisseurs industriels ou de familles. Dans quatre groupes seulement, les salariés ont les moyens de faire entendre leur voix. "La vulnérabilité des sociétés françaises provient de l'absence d'un choix politique clair en termes de pouvoir actionnarial", concluent MM. Beffa et Ragot. Une raison de plus en faveur de nouvelles pratiques. »

De manière encore plus révoltante, on comprend mieux pourquoi ces personnalités passent leur temps à s’auto-congratuler, à se distribuer des parachutes dorés malgré leurs échecs et à se remplir les poches de stock-options.

Il est vraiment temps que l’Etat français fasse le ménage dans les pratiques du capitalisme sauvage et casse les cloisons que se sont créés cette élite afin d’ouvrir aux compétences et à la méritocratie les Conseils des grandes entreprises. La multiplication des sièges dans les Conseils d’administration pour une seule personne ne devrait plus être possible car il y a un véritable conflit d’intérêts.

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Publié par David Guillerm - dans France
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