9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 14:02

Il était en campagne, hier, au côté de sa tête de liste régionale, Patricia Gallerneau. Le patron du MoDem a apporté son soutien aux opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Reportage Ouest-France

Dong, dong, dong ! À la grande horloge de la ferme de Brigitte et Sylvain Fresneau, à Notre-Dame-des-Landes, il est exactement 15 h, hier, quand François Bayrou installe sa conférence de presse. Il bouscule un peu le programme, insiste, car « c'est bien, ainsi, à la table familiale ».

Ici, on est au coeur de la contestation au projet du nouvel aéroportnantais. La piste nord passera... dans le champ d'à côté. Le bâtiment en face s'appelle La Vache... rit, clin d'oeil à la bergerie du Larzac des années 70. D'ici va partir la « tracto-vélo », la caravane des opposants qui s'apprêtent à sillonner la région à l'occasion des élections régionales.

« Du béton, encore du béton »

François Bayrou laisse les élus du secteur résumer le dossier. Puis, très vite, attaque à son tour. L'opposition au projet de la tête de liste régionale, Patricia Gallerneau, a trouvé écho chez le patron du MoDem. « Tout cela va disparaître pour du béton, encore du béton. On va supprimer un poumon vert, une zone protégée, des milliers d'hectares (1) de terres agricoles, alors que l'actuel aéroport est loin d'être saturé et que l'argument sécurité ne tient pas. C'est extraordinairement choquant pour l'avenir de nos enfants. C'est du gâchis. »

Alors ? Pour lui, l'affaire est entendue. « Opération de promotion immobilière. » Le maire de la commune et son collègue adjoint de Sucé-sur-Erdre viennent ainsi d'expliquer « le dernier argument des partisans du projet » : la métropole nantaise veut profiter des terrains de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique, à Bouguenais. Et elle a besoin de lever les contraintes urbanistiques liées à l'actuelle plate-forme.

« Penser que le progrès, c'est uniquement le développement des métropoles n'est pas une idée juste », réagit François Bayrou. Il plaide pour le maintien d'un réseau de villes moyennes, à dimension humaine, reliées par le train. « À une époque où les collectivités n'ont plus d'argent, elles doivent investir dans le ferroviaire afin d'équilibrer les territoires. »

La suite se déroule sous un hangar. François Bayrou se fait présenter le contre-projet du MoDem, basé sur le ferroviaire et le recours aux aéroports existants, dont celui d'Angers. Dehors, il termine par une prise de parole, devant une cinquantaine de personnes. « Il connaît le dossier, il apporte des arguments. Sa prise de position va nous aider, nous renforcer », pense Sylvain Fresneau.

Une nouvelle fois Bayrou se dit « frappé par la justesse des arguments » du collectif des élus qui doutent de la pertinence du projet. « Ils ont bien des raisons de douter. » Il n'hésite pas une seconde à remplir le bon d'adhésion. Signé : « François Bayrou, député à l'Assemblée nationale ». Il en est désormais le 531e membre.

Marc LE DUC, Ouest France.

Partager cet article

Publié par David Guillerm - dans France
commenter cet article

commentaires

       

 

Recherche

logos

logos

logos

 

Instagram