12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 10:00

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Le feuilleton Europe-Ecologie-Les Verts (EE-LV) au sein du gouvernement socialiste n’en finit plus de péripéties et retournements ubuesques. La phrase de Noël Mamère, député EELV est démonstrative de cette situation « Je ne me vois pas tenir cinq ans à avaler des couleuvres une fois par semaine. ». L'éviction en juin 2012 de Nicole Bricq du ministère de l'Ecologie, les déclarations d’Arnaud Montebourg sur le gaz de schiste, le nucléaire, la publication du rapport Gallois sur la compétitivité et d’autres éléments ont créé de fortes tensions entre la majorité PS et l’allié EE-LV à tel point que Jean-Vincent Placé, patron des sénateurs EE-LV a pensé qu’il était bon de déclarer vendredi 9 novembre, «Nous nous posons la question de savoir ce que nous faisons au sein du gouvernement. […] Je suis de plus en plus perplexe quant à cette participation gouvernementale.»

 

Le réveil des Verts semble effectivement légitime mais, à mon avis, bien trop tardif. Je ne vois comment un parti qui s’est placé sous perfusion pour exister, pourrait prendre son indépendance. D’ailleurs, les cadres et les élus du mouvement écolo connaissent leur talon d’Achille, et continueront sans doute pendant un moment à avaler des couleuvres.

 

On observe ainsi dans le système politique actuel, une certaine schizophrénie des représentants écologistes qui valident la politique de la majorité en participant au gouvernement et qui tiennent un discours radicalement opposé sur le terrain. L’exemple parfait est celui du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes en Bretagne. Les responsables EE-LV continuent à s’opposer pour la forme sans toutefois remettre en cause la solidarité gouvernementale.

 

Fin septembre, le conseil fédéral d’Europe-Ecologie-Les Verts a décidé de ne pas voter la ratification du traité budgétaire européen. Daniel Cohn-Bendit, européen convaincu a commenté cette décision par une phrase "Ce n'est plus Europe Ecologie-Les Verts, c'est les Verts" signifiant ainsi que le mouvement pro-européen, progressiste et ouvert qu’il avait initié en France était mort. Je pense que nous pouvons même aller plus loin. Le jeu de dupe des écologistes, qui ont abandonné leurs idées pour des postes, indique la quasi-disparition du projet EE-LV dans le paysage français.

 

L’enjeu du rapport Jospin

Europe-Ecologie-Les Verts est en fait un exemple du mal politique français. La conséquence de la satellisation des « petits » partis (EE-LV, le Parti Radical Valoisien et celui de gauche, le Nouveau Centre, etc.) par l’UMP et le PS, a été un amoindrissement des projets et idées politiques qu’ils portaient. Le débat a perdu en émulation et effervescence intellectuelle.

 

C’est pour moi avec cette réalité qu’il faut aborder le rapport Jospin sur la Rénovation de la vie publique et qu’il faut réussir à répondre à la question suivante : comment allons-nous faire pour redonner une place à la diversité dans le paysage politique français ?

 

Si la question essentielle est celle-ci alors on sait que l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives à hauteur de 10% des sièges ne sera pas suffisante. En revanche, la fin du cumul d'un mandat de député ou sénateur avec un mandat "d'exécutif local" (maire, président de conseil général, etc.) est une proposition qui va dans le bon sens.

 

Le gouvernement peut réconcilier les Français avec la politique grâce à cette rénovation de la vie publique mais pour cela, il faudra avoir le courage de prendre des décisions à contre-courant d’une majorité PS qui, tout comme l’UMP, se complait dans son rôle de parti phagocyteur.

 

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Publié par David Guillerm - dans France
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