24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 13:00

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Nicolas Sarkozy, François Fillon et le gouvernement ont décidé de reculer la mise en place d’une taxe carbone en France. Ils laissent ainsi la place à une taxe carbone qu’ils voudraient européennes. Ce choix résulte sans doute du mauvais score de l’UMP aux élections régionales du 14 et 21 Mars, pourtant il semble important de voir ces conséquences plus loin.

Après cette annonce, nous avons bien sûr pu voir les écologistes monter aux créneaux les uns après les autres pour que chacun essaye de parler plus fort que son voisin. Je reste pour ma part favorable à une taxe carbone mais avouons-le, la taxe carbone présentée par le gouvernement n’était pas bonne et pas applicable en l’état.

Le principe de la taxe carbone est simple : imposer une taxe sur la production d’énergie la plus polluante (pétrole, gaz, charbon…) afin de favoriser le développement de production alternative (énergie renouvelable, transport en commun…). L’idée est bonne mais il faut aussi que son application soit juste, or dans le projet gouvernemental, la consommation d’électricité n’était pas prise en compte ce qui était déjà une hypocrisie lorsque l’on sait qu’elle est en grande partie produite par du nucléaire qui est une énergie fossile.

De plus, une telle taxe ne peut être mise en place efficacement que s’il existe des moyens alternatifs de consommation, de déplacement, etc. ce qui n’était pas le cas partout. On ne peut pas appliquer une taxe sur le transport routier s’il n’existe pas de moyens alternatifs en place comme en Bretagne. La logique aurait voulu de mettre en place ces moyens alternatifs avec d’importants investissements avant que la taxe ne soit appliquée et ne rembourse ces investissements.

Il faut également être logique sur l’application d’une telle taxe sur notre économie. Si cette taxe était appliquée seulement sur le territoire national, elle aurait été inefficace car elle aurait créé une concurrence déséquilibrée entre industrie polluante des autres pays et nos industries. Une telle taxe ne peut fonctionner que si elle est également mise en place aux frontières sinon c’est un handicap pour notre économie.

L’intérêt est également de faire changer les mentalités dans le monde mais ce n’est pas un marché de 65 millions de consommateurs qui changera quelque chose. La taxe carbone doit être mise en place au niveau européen avec en plus une application aux frontières européennes sur les produits entrant en Europe. C’est seulement ainsi que les autres pays suivront le mouvement s’ils veulent continuer à vendre sur le premier marché mondial.

En effet, si nous assumons une bonne fois pour toute vouloir protéger nos acquis environnementaux par une taxe carbone (taxe verte) tout comme nos acquis sociaux par une taxe sociale européenne, nous pousserons les Etats du monde a tirer le niveau de vie mondial par le haut car ils mettront eux-mêmes en place ces protections sociales et environnementales.

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Publié par David Guillerm - dans environnement
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