26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 09:30

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Le 1er tour de l’élection présidentielle a plongé la famille centrale dans une situation plutôt délicate. Comme je le faisais remarquer au Figaro lorsque les résultats du 1er tour sont tombés, le score de François Bayrou, 9.13% pose beaucoup de questions sur l’avenir du Mouvement Démocrate. Ce score, qui représente tout de même plus de 3 millions de Français,  nous oblige à nous interroger sur nos moyens pour l’avenir.

 

Je préfèrerai garder l’idée d’autonomie afin de continuer notre combat au-delà du bipartisme et du combat camp contre camp mais serons-nous capable de réunir assez de voix aux élections législatives du 10 et 17 juin 2012 pour assurer les besoins financiers de notre formation politique ?

 

François Bayrou donnera sa position sur les finalistes de la présidentielle le 3 mai. Nous avons aujourd’hui trois hypothèses possibles quant à notre position en vue du deuxième tour : réaliser un accord de gouvernement avec Nicolas Sarkozy, avec François Hollande ou continuer dans la voie de l’autonomie.

 

Une alliance avec Sarkozy est exclue

 

La dernière intervention de François Bayrou semble exclure totalement une alliance avec Nicolas Sarkozy. Personnellement, je m’en félicite. La présidence de Sarkozy et son bilan sont trop en sa défaveur. Comme François Bayrou l’a dit à plusieurs reprises, il y a quelque chose de casser entre Nicolas Sarkozy et les Français. Ceux-ci aspirent au changement même si François Hollande semble être un choix par défaut.

 

La difficulté dans cette position, c’est que Bayrou veut réunir les centristes et ils veulent, pour la plupart, que le candidat soutienne le Président sortant. Je n’aime pas ce genre de chantage politique et je pense que François Bayrou restera sur sa ligne. Il n’a pas combattu la politique de Sarkozy pour s’allier avec lui au bout de 5 ans. De plus, il perdrait le ¾ des soutiens qui l’ont suivi pendant 5 ans. Personnellement, je ne resterai pas dans un mouvement qui appellerait à voter Nicolas Sarkozy.

 

Une alliance avec Hollande ?

 

François Hollande semble faire de plus en plus d’appels du pied à François Bayrou tant sur les questions de moralisation de la vie politique française que sur les questions économiques, il propose maintenant qu’un commissariat aux stratégies industrielles soit mis en place en France, proposition se trouvant dans le programme de Bayrou.


Pour autant, je ne suis pas certain que le PS veuille d’une alliance avec le MoDem car ils vont déjà avoir beaucoup de postes à distribuer aux écologistes et aux communistes. D’ailleurs, je ne suis pas sûr qu’un gouvernement allant des centristes aux communistes soit crédible. Un choix devra être fait.


Autonomie par défaut


Il semblerait donc que nous nous dirigions vers une autonomie de notre mouvement politique. Si je le note par défaut c’est que le risque que nous nous plantions aux élections législatives est bien présent, et alors, je ne vois pas bien comment nous pourrons continuer à exister.


Une alliance permettrait de nous apporter un peu d’oxygène financièrement mais casserait par la même occasion ce que nous avons construit pendant 5 ans. La seule alliance où les deux partis trouveraient un intérêt semble être avec Nicolas Sarkozy mais il est inconcevable pour moi-même et pour une majorité des militants du MoDem.


Si nous confirmons l’autonomie, j’en serai heureux, mais alors il faudra réussir par tous les moyens à réaliser de bons scores aux législatives (minimum 7.5% comme en 2007) et obtenir un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale. Ces conditions permettront de garder une autonomie financière.


Les semaines qui arrivent seront cruciales pour l’avenir de notre famille politique. Celle-ci semble plus que jamais nécessaire face à la montée des extrêmes en France, pour rassembler le pays et les Français. Il faut espérer que tous les responsables de cette famille centrale s’en rendront compte pour travailler ensemble.


La réussite des prochaines échéances va dépendre de François Bayrou mais également des autres personnalités comme Jean Arthuis, Marielle de Sarnez, Anne-Marie Idrac, Jean-Luc Bennahmias, Alain Lambert, Nathalie Griesbeck, etc. Ils devront montrer une perspective crédible pour le pays et notre mouvement afin de mobiliser au maximum les Français qui croient en nos idées et nous font confiance. Il faudra capitaliser sur les personnalités, et montrer une équipe bien plus complète que celle que les Français auront pu apercevoir pendant la présidentielle.

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Publié par David Guillerm - dans France
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AQ 04/05/2012 19:51


Les derniers sondages rendus publics ce vendredi montrent un rétrécissement de l'écart entre les intentions de vote de François Hollande et Nicolas Sarkozy.


Les instituts de sondage montrent que des électeurs de Marine Le Pen, initialement tentés par l'absention, reviennent vers le choix Nicolas Sarkozy. Une victoire de Nicolas Sarkozy serait donc
rendue possible par la droitisation de sa campagne de second tour, et la fuite en avant vers les idées frontistes.


Il reste que le choix de François Bayrou, intervenu plus tardivement, ne pourrait être mesuré avant le vote lui-même. Une victoire franche de François Hollande pourrait ainsi montrer l'existence
d'une véritable force centrale comme artisane d'une majorité présidentielle de François Hollande. A l'inverse, une défaite ou une victoire moins large reconsidérerait l'impact de cette force
politique centrale.

AQ 26/04/2012 11:24


Le non-choix est impensable lorsqu'on est un militant engagé pour défendre des convictions.


Le second tour de l'élection présidentielle laisse place à deux candidats qui s'opposent sur le fond et la méthode.


Sur le fond, Nicolas Sarkozy a accompagné quatre années de crise, en se privant de revenir sur les cadeaux fiscaux de son début de mandat et en imposant l'austérité dans la dépense publique. Sur
la forme, il a transformé la fonction présidentielle en rompant avec l'équilibre institutionnel qui permettait au Parlement d'agir.


François Hollande, avec la modération qu'on lui connaît, n'a pas promis les lendemains qui chantent. Il a promis la sobriété au pouvoir. Il a fait de la réduction des déficits publics et du
remboursement de la dette un cap pour les cinq années qui viennent. Il a fait de la jeunesse, en s'appuyant sur les politiques publiques en faveur de l'emploi, de l'école et de la formation, une
priorité. Cette dépense publique est de la dépense utile pour l'avenir. Et pour rendre crédible cette position, il a eu un discours franc sur l'impôt en le réhabilitant et en créant - enfin - une
véritable justice fiscale.


Le choix de ce second tour ne conditionne pas l'avenir. Le front de gauche a appelé au rejet de Sarkozy en appelant sans conditions à voter François Hollande. Les alliances entre les formations
politiques, dans la perspective d'un nouveau gouvernement, se feront à l'occasion des législatives à partir de la plate-forme présidentielle du candidat élu.


Pour l'heure, seule une plate-forme alliant les radicaux, les écologistes et les chevènementistes a été adoptée dans la perspective des législatives. Le Front de gauche n'a toujours pas donné
d'intention de participer à cette alliance, dans la mesure où il a présenté son intention d'avoir des candidats dans toutes les circonscriptions. Le désistement se fera à la faveur des candidats
arrivés en tête.


Je sais combien le Modem est attaché à son autonomie. De nombreux élus Modm s'allient déjà aux socialistes dans la gouvernance de nombreux exécutifs locaux. La France solidaire était le credo de
François Bayrou lors de ce premier tour, je crois qu'il n'y a pas de doute sur le candidat qui peut aujourd'hui le mieux défendre cette conviction.

       

 

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