20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 10:00

La semaine dernière a été marquée par la grève des médecins suite à l’accord encadrant les dépassements d’honoraires, signé fin octobre entre la Sécu et certains syndicats de médecins. De nombreux médecins, chirurgiens des cliniques, internes des hôpitaux publics ont manifesté pour dénoncer cet accord qui va les contraindre. En effet, l’accord signé a une clause principale : les médecins en secteur 2 (dont les honoraires sont libres) doivent s’engager à ne pas dépasser de plus de 150% le tarif de la nomenclature de la Sécurité sociale qui définit le coût de chaque acte médical.


Pour beaucoup de Français, les revendications des médecins sonnent en décalage avec la situation du pays. Les manifestations corporatistes qui ont eu lieu la semaine dernière ont donné une assez mauvaise image du monde de la santé. Un sondage BVA a confirmé cet opinion avec 58 % des Français dont les plus bas revenus, les ouvriers et les quadragénaires, qui estiment qu'il s'agit "plutôt" d'un "bon accord".


Le problème dans cette affaire de dépassements d’honoraires, c’est encore une fois la minorité qui abuse du système et s’en met plein les poches. Du coup, tout le monde se retrouve dans le même sac. Les chiffres sont éloquents : le montant total des dépassements d’honoraires a atteint en 2010, 2.5 milliards d’euros… Le dernier reportage de l’émission Envoyé Spéciale sur le sujet était d’ailleurs assez frappant et montre les abus, tarification à la tête du client et chantage que certains praticiens peuvent avoir. Les Français se retrouvent donc dans l’obligation d’en mettre d’avantage de leur poche. Dans certaine ville, il est même quasiment impossible de trouver un spécialiste au tarif de la Sécu.


Face à cette situation, le gouvernement devait réagir, et pour ma part, j’approuve totalement la régulation des dépassements d’honoraires. Cependant, il ne faudrait pas arrêter le débat à ce problème. Si les nouveaux médecins veulent s’inscrire en secteur 2, c’est qu’il y a également un problème dans le premier et qu’il faut s’en préoccuper.


Beaucoup de tarifs n’ont pas été réévalués en secteur 1 (honoraires définis selon la nomenclature de la Sécu) et de nombreux médecins affirment qu’ils n’arrivent pas à s’en sortir.  Afin d’éviter une pérennisation du secteur 2 qui portera à long terme préjudice aux Français avec des mutuelles et assurances privées de plus en plus incontournables, le gouvernement doit maintenant accès son énergie dans le renforcement du secteur 1.


La revalorisation du secteur 1 permettrait en tout cas de poser le débat sous un autre angle et serait donc intéressant pour trouver de nouvelles solutions afin de répondre à la mission de service public du monde médical.


Il est également intéressant de noter dans le cadre de cette discussion qu’il existe aussi dans la privée, des projets à but non lucratif où les médecins sont salariés et où les structures vivent financièrement sur le tarif de la Sécu. Celles-ci représentent d’ailleurs 15% de la capacité hospitalière française. Dans la santé, la question des honoraires n’est pas tout, heureusement.

 

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Publié par David Guillerm - dans santé
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