28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 11:26

118400-g20-une 32725

 

Cela ressemble fort à un coup d'épée dans l'eau. Réunis samedi et dimanche, les pays du G20 ont décidé... de ne rien décider. Le sommet de Toronto, qui devrait coûter 1,2 milliard de dollars (960 millions d'euros) aux contribuables canadiens, est certainement la rencontre la plus stérile du genre depuis le début de la crise : il a accouché d'une déclaration d'intention des plus consensuelles.

 

Quarante-cinq heures de négociations ont été nécessaires pour s'accorder sur la nécessité de renforcer la reprise économique tout en réduisant les déficits publiques. Deux objectifs pas forcément compatibles à très court terme mais destinés à rapprocher les États-Unis et l'Europe. L'Union européenne a clairement marqué un point en obtenant d'inscrire dans le texte commun la nécessité de "réduire d'au moins de moitié les déficits d'ici 2013 et de stabiliser ou de réduire les ratios de la dette publique au PIB d'ici 2016". Mais plus qu'un objectif contraignant, il s'agit d'une déclaration de bonne intention, comme l'a reconnu Nicolas Sarkozy à demi-mot. Le Japon, dont la dette atteint 200 % du PIB, a d'ailleurs obtenu une dérogation...

 

Quant à la Chine, elle aussi repart du Canada sans avoir rien lâché. Très critiquée à cause de la sous-évaluation de sa monnaie par rapport au dollar, elle a réussi à éviter tout engagement contraignant sur l'appréciation du yuan. Le texte mentionne prudemment la nécessité " d'accroître la flexibilité du taux de change dans certains marchés émergents". 

 

Pas de taxe bancaire et financière

 

La réforme financière attendra également. Aucun coup d'accélérateur n'a été donné à Toronto. La déclaration finale ne fait que reprendre les objectifs fixés lors des sommets précédents (cadre de réglementation robuste, supervision financière efficace, évaluation internationale transparente et l'examen par les pairs, la surveillance des institutions financières d'importance systémique). L'idée d'avoir recours à une taxe financière et bancaire portée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel est tout simplement abandonnée même si l'Europe peut la mettre en oeuvre seule. "Ce qui est déjà extraordinaire, c'est qu'on ne nous empêche pas de le faire et ça fera tache d'huile", s'enthousiasme Nicolas Sarkozy. Le Président oublie de dire que le G20 n'est pas un gouvernement mondial et qu'il ne peut en rien obliger certains pays à prendre ou ne pas prendre des mesures...

 

Consciente tout de même de la pauvreté du sommet de Toronto, la présidence française s'est employée tout le week-end à en minimiser la portée, le qualifiant de sommet "de transition". "Les temps étant plus apaisés, il est normal qu'on rentre dans des G20 à connotation moins dramatique", a fait valoir Nicolas Sarkozy. "On ne peut pas prendre des décisions historiques à chaque fois, mais chaque fois, c'est important de discuter". En réalité, le président français pense déjà aux prochains G20. Après le sommet de Séoul en Corée du Sud à la mi-novembre, c'est lui qui prendra pour un an les rênes du G20. À Toronto, il a assuré se préparer "activement" à ce mandat, et a déjà programmé une tournée chez ses principaux membres à l'automne. "Je veux essayer d'obtenir les résultats les plus audacieux possibles", car "le G20 doit imposer des grands desseins, une vision", explique-t-il. Ce n'était clairement pas le cas samedi et dimanche.

 

Le Point.

Partager cet article

commentaires

       

 

Recherche

logos

logos

logos

 

Instagram