22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 14:25
Lakshmi Mittal, PDG d’ArcelorMittal

Lakshmi Mittal, PDG d’ArcelorMittal

Avec son courrier provocant et polémique, Maurice Taylor, le PDG de Titan International a été l’un des premiers représentants d’une multinationale à évoquer une certaine forme de protectionnisme en Europe pour maintenir l’outil des usines sur le continent.

 

« Les Chinois livrent des pneus en France – en fait dans toute l’Europe – et vous ne faites rien. Le gouvernement chinois subventionne tous les producteurs de pneus »

 

Cette phrase piochée dans le courrier de Taylor est en effet un symbole de l’inaction européenne, où plutôt de la volonté des politiques de l’UE d’être les plus libéraux du monde, ce qui ne peut pas fonctionner dans un système où les autres ne respectent pas les mêmes règles. J’ai d’ailleurs rédigé une analyse des propos du PDG de Titan International il y a un petit moment.  

 

C’est maintenant au tour du PDG du sidérurgiste ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, de défendre un protectionnisme européen. Auditionné à l'Assemblée nationale, le PDG du sidérurgiste ArcelorMittal, a vivement conseillé que l'Europe prenne des mesures pour empêcher l'importation de produits à bas prix. Pour ce dernier il faut faire des choix, soit baisser le coût du travail en Europe, soit protéger le marché européen.

 

Ainsi, au cœur du discours libéral de Lakshmi Mittal, celui-ci a émis l’idée que l’Union Européenne prenne «des mesures pour empêcher l'importation d'aciers à prix bas, comme le font les États-Unis avec leur ‘Buy American Act’». Pour le PDG d’ArcelorMittal, il est impossible de concurrencer les productions russes et chinoises qui en plus sont soutenues par leur gouvernement et s’appuient sur un coût horaire très faible (3 dollars de l’heure en Chine).

 

Ce retournement assez inattendu de la part de représentants d’entreprises mondialisées m’interpelle. Il s’ajoute à la réflexion de nombreux économistes. Autant de réflexions qui doivent horrifier des libéraux comme Le Parisien Libéral ou Hashtable mais la question n’est pas, bien sûr, de fermer bêtement les frontières de l’Europe car notre économie vit aussi grâce à la mondialisation mais plutôt d’imposer des normes sociales et environnementales qui obligeront les entreprises produisant à l’étranger à améliorer leurs conditions de fabrication ou à payer des taxes supplémentaires pour entrer sur le marché européen.

 

Il existe trop de déséquilibres entre les pays pour que les échanges commerciaux soient libres et équitables. L’Europe doit s’en rendre compte et modifier sa politique.    

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