8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 13:50

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Le règne de Nicolas Sarkozy s’est terminé dimanche 6 mai avec la victoire de François Hollande et avec son départ, c’est de nombreuses affaires d’Etat qui quittent la tête du pays. Le Président sortant va certainement vivre dans les prochaines semaines, un storytelling qu’il aurait aimé éviter. On va sans doute retrouver rapidement Nicolas Sarkozy sous le feu médiatique avec de nombreuses affaires qui vont être portées devant la justice : affaire Bettencourt, affaire Kadhafi, etc.


L’alternance, représentée par François Hollande, a le mérite de réaffirmer au sommet de l’Etat, la morale face à ces affaires. C’est bien les valeurs qui ont décidées François Bayrou dans son choix de second tour. Je pense d’ailleurs que François Hollande et l’alternance peuvent le remercier car le score de dimanche était très serré, 51.67%. Je pense que cette position de fin de campagne aura fait basculer l’élection. Sans celle-ci Nicolas Sarkozy aurait remporté l’élection présidentielle… Moi-même, comme beaucoup d’autres, j’hésitais entre un vote blanc et le vote Hollande. La position de Bayrou m’aura fait pencher pour le deuxième.


La réalité impose le rassemblement


Dans tous les cas, le PS n’a pas de quoi fanfaronner avec cette victoire. François Hollande l’a remporté, mais il est aussi le premier Président de la 5e République à  ne pas être élu par la majorité des votants dont 7% ont voté blanc, un record. Ceci confirme que les Français ont voté contre Nicolas Sarkozy et non par adhésion pour le projet du PS.


Cette position pourrait rapidement devenir inconfortable pour le nouveau Président. Elle impose donc à celui-ci le rassemblement qui devra se transformer par des actes après les paroles. C’est étrange d’entendre dans les discours parler de rassemblement et de lire ensuite dans les interviews que les portes sont fermées…


La France et l’Europe connaissent des temps difficiles qui imposeront également ce rassemblement et cet esprit d’unité nationale défendu par François Bayrou tout au long de la campagne présidentielle.


Il faut faire vivre la diversité


Pour rassembler les Français, il faudra que tous les citoyens puissent exprimer la diversité le 10 et 17 juin 2012, lors des élections législatives qui donneront une nouvelle configuration à l’Assemblée Nationale. Les arguments et chantages que nous allons entendre dans les prochaines semaines sur la majorité et le vote utile n’ont pas de sens.


Les députés doivent représenter les Français et la diversité des courants politiques qui existent en France. La représentation de cette diversité à l’Assemblée Nationale est une condition du rassemblement du pays. Elle permettra également de donner du sens et du poids à cette chambre pour définir la politique du pays.


La prochaine échéance électorale est un enjeu important pour les démocrates et humanistes. L’heure est plus que jamais à la mobilisation. Malgré une configuration difficile, cette élection est importante car l’élection de députés du MoDem et du courant central défendu par François Bayrou  permettra de peser sur les décisions politiques du pays et donc d’imposer une politique de vérité et de réalisme.


François Bayrou a su apporter les vrais sujets pour le pays lors de l’élection présidentielle. Nous n’avons pas su faire passer le message sur le produire en France, l’Europe, l’enjeu écologique et la moralisation de la vie politique car les médias et les autres candidats se sont focalisés sur les petites phrases et les polémiques ridicules. Nous avons l’occasion durant les législatives d’expliquer de manière concrète et détaillé les actions que nous mènerons pour relancer le pays.


Dans un mois, les Français seront invités à élire les députés du pays. A nous de les convaincre et de montrer notre différence.


Je profiterai des prochains jours pour faire un bilan de la présidentielle afin de donner des pistes et des perspectives dans le cadre de ces prochaines échéances.

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 12:55

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L’immigration est sans aucun doute devenue depuis des années le bouc-émissaire de tous les maux français. On voit d’ailleurs pendant cette campagne présidentielle, une cristallisation autour de ce thème : Marine Le Pen réalise 18% de suffrage au premier tour avec la fameuse tirade « il nous vole nos boulots et nos aides sociales », Nicolas Sarkozy nous affirme « qu’il faut remettre des frontières en Europe contre les immigrés » et même François Hollande s’y met en nous disant « quand temps de crise, l’immigration doit être réduite ».


Pourtant, l’immigration est loin d’être une mauvaise chose pour le pays. Parler de ce sujet un 1er mai est d’ailleurs particulièrement intéressant car l’immigration a un effet positif sur l’économie de la France.


De nombreux économistes ont ainsi analysé que les travailleurs étrangers permettaient de stimuler la croissance économique, de payer les retraites de tous ces petits vieux qui ont voté pour Le Pen et de palier au déclin démographique des pays d’Europe. Ce discours, un brin provocateur face aux discours actuels, est encore une fois celui de la raison. Non, l’immigration n’est pas massive et menaçante dans notre pays. Elle est rentable.


L’immigration est stable depuis 1975


Les médias ont certainement tronqué la réalité avec des reportages à répétition et créé des lieux communs comme l’idée selon laquelle l’immigration serait en constante augmentation en France depuis des années. Pourtant, les chiffres affirment l’inverse. L’immigration est stable dans le pays depuis 1975. S-il y a bien environ 200 000 immigrés qui entrent sur notre territoire chaque année, il en sort dans le même temps près de 125 000. Cette différence entre les entrants (les immigrés) et les sortants (des immigrés qui repartent chez eux et des Français qui s'expatrient), c'est ce qu'on appelle le solde migratoire.


En France, ce solde migratoire net est donc de 75 000 personnes. Cet indicateur, bien plus que le seul nombre des entrants, donne une idée du volume réel de l'immigration, laquelle n'est ni massive ni invasive comme on voudrait souvent le faire croire.


Le nombre d’immigrés légaux représente 8% de la population et enrichi notre pays par son apport culturel, économique et scientifique.


Un apport économique significatif


L’apport économique de ce solde migratoire est positif car les boulots qui sont occupés par les immigrés sont souvent délaissés par les Français, ils ont les mains trop propres, vous comprenez… On laisse donc des emplois pénibles, et dévalorisants aux immigrés et on ose ensuite les montrer du doigt… C'est en particulier le cas dans les secteurs du BTP et de la restauration. Bien heureusement, on trouve également des étrangers pour bosser sur les métiers qualifiés où la main d’œuvre manque. C’est par exemple le cas sur les chantiers de bateaux.  


Il n'y a donc pas concurrence entre les immigrés et les natifs sur le marché de l'emploi mais complémentarité.


En terme économique, l’immigration apporte également beaucoup à la France. Le bénéfice net de l'immigration pour la France en 2009 était ainsi de 12,4 milliards d'euros. Si on décortique on voit d’après les calculs des économistes qu’en 2009, les immigrés ont coûté au budget de l'Etat 47,9 milliards (dont retraites : 16,3 milliards, prestations de santé : 11,5 milliards, allocations familiales : 6,7 milliards, aides au logement : 2,5 milliards, RMI : 1,7 milliards...) et ils ont reversé au budget de l'Etat 60,3 milliards d'euros, dont 26,4 milliards au titre des cotisations sociales (c'est-à-dire de leur travail), 18,4 milliards au titre des impositions sur la consommation, 6,2 milliards au titre du remboursement de la dette sociale et de la CSG, 3,4 milliards au titre de l'impôt sur le revenu.


Dire haut et fort la vérité


Il est donc temps de dire haut et fort la vérité sur l’immigration dans notre pays. Les discours nauséabonde du FN de Le Pen et même aujourd’hui de l’UMP avec sa Droite Populaire et son candidat Nicolas Sarkozy sont dangereux pour le pays car il menace son équilibre. L’apport de l’immigration est une richesse que nous devons prendre en compte et respecter.

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 09:30

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Comme je l’expliquais dans mon précédent billet, la situation de François Bayrou, dans sa volonté de faire vivre son courant politique, est compliqué. Plusieurs hypothèses existent et le MoDem et les soutiens de François Bayrou doivent trouver la solution qui sera la plus efficace pour défendre nos valeurs et nos idées.


Nous ne pouvons pas soutenir Nicolas Sarkozy. Son bilan et ses valeurs ne correspondent pas à nos attentes. Cependant, soutenir François Hollande n’aurait de sens que si nous avions un accord de gouvernement. Cet accord fermerait malheureusement les portes à la reconstitution d’un grand pôle centrale au cœur de la vie politique française.


François Bayrou doit-il alors appeler à voter blanc ? Je ne pense pas qu’un vote blanc soit nécessairement la meilleure solution même si nous voulons sa reconnaissance. Durant la campagne présidentielle qui s’achève, on nous aura, lors de nos tractages et actions, beaucoup reproché la position assez flou de Bayrou. Je ne dis pas qu’il faut que nous retombions dans la bipolarisation mais plutôt que nous affirmions une position tranchée.


Ainsi, je pense que François Bayrou devrait soutenir l’alternance en expliquant pourquoi. Il a plusieurs fois évoqué la rupture qui existait entre Nicolas Sarkozy et les Français. Cette rupture doit lui faire dire que les Français aspirent au changement, que l’époque Sarkozy est terminée.


Pour autant, je n’appelle pas François Bayrou à faire un chèque en blanc à François Hollande. Je pense qu’il doit affirmer qu’il a compris, d’après les résultats du 1er tour de la présidentielle que les Français  voulaient un changement, et qu’au sein des finalistes, seul François Hollande incarne celui-ci.


Ce changement n’est pas nécessairement le meilleur. Nous connaissons les lacunes du projet Hollande. Notre leader pourrait alors se positionner dans un rôle d’observateur vigilant, c’est-à-dire, dans une opposition constructive. Celle-ci nous permettra sans aucun doute de reconstituer un pôle politique central, éloigné de l’influence néfaste des extrêmes, et prêt à gouverner.


Cette position prendra en compte l’aspiration des Français tout en les prévenant que l’élection de François Hollande ne sera pas celle de la facilité pour le pays. François Hollande risque de se prendre un retour de bâton violent avec ses promesses de campagne que la conjoncture rendra impossible à appliquer.

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 09:30

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Le 1er tour de l’élection présidentielle a plongé la famille centrale dans une situation plutôt délicate. Comme je le faisais remarquer au Figaro lorsque les résultats du 1er tour sont tombés, le score de François Bayrou, 9.13% pose beaucoup de questions sur l’avenir du Mouvement Démocrate. Ce score, qui représente tout de même plus de 3 millions de Français,  nous oblige à nous interroger sur nos moyens pour l’avenir.

 

Je préfèrerai garder l’idée d’autonomie afin de continuer notre combat au-delà du bipartisme et du combat camp contre camp mais serons-nous capable de réunir assez de voix aux élections législatives du 10 et 17 juin 2012 pour assurer les besoins financiers de notre formation politique ?

 

François Bayrou donnera sa position sur les finalistes de la présidentielle le 3 mai. Nous avons aujourd’hui trois hypothèses possibles quant à notre position en vue du deuxième tour : réaliser un accord de gouvernement avec Nicolas Sarkozy, avec François Hollande ou continuer dans la voie de l’autonomie.

 

Une alliance avec Sarkozy est exclue

 

La dernière intervention de François Bayrou semble exclure totalement une alliance avec Nicolas Sarkozy. Personnellement, je m’en félicite. La présidence de Sarkozy et son bilan sont trop en sa défaveur. Comme François Bayrou l’a dit à plusieurs reprises, il y a quelque chose de casser entre Nicolas Sarkozy et les Français. Ceux-ci aspirent au changement même si François Hollande semble être un choix par défaut.

 

La difficulté dans cette position, c’est que Bayrou veut réunir les centristes et ils veulent, pour la plupart, que le candidat soutienne le Président sortant. Je n’aime pas ce genre de chantage politique et je pense que François Bayrou restera sur sa ligne. Il n’a pas combattu la politique de Sarkozy pour s’allier avec lui au bout de 5 ans. De plus, il perdrait le ¾ des soutiens qui l’ont suivi pendant 5 ans. Personnellement, je ne resterai pas dans un mouvement qui appellerait à voter Nicolas Sarkozy.

 

Une alliance avec Hollande ?

 

François Hollande semble faire de plus en plus d’appels du pied à François Bayrou tant sur les questions de moralisation de la vie politique française que sur les questions économiques, il propose maintenant qu’un commissariat aux stratégies industrielles soit mis en place en France, proposition se trouvant dans le programme de Bayrou.


Pour autant, je ne suis pas certain que le PS veuille d’une alliance avec le MoDem car ils vont déjà avoir beaucoup de postes à distribuer aux écologistes et aux communistes. D’ailleurs, je ne suis pas sûr qu’un gouvernement allant des centristes aux communistes soit crédible. Un choix devra être fait.


Autonomie par défaut


Il semblerait donc que nous nous dirigions vers une autonomie de notre mouvement politique. Si je le note par défaut c’est que le risque que nous nous plantions aux élections législatives est bien présent, et alors, je ne vois pas bien comment nous pourrons continuer à exister.


Une alliance permettrait de nous apporter un peu d’oxygène financièrement mais casserait par la même occasion ce que nous avons construit pendant 5 ans. La seule alliance où les deux partis trouveraient un intérêt semble être avec Nicolas Sarkozy mais il est inconcevable pour moi-même et pour une majorité des militants du MoDem.


Si nous confirmons l’autonomie, j’en serai heureux, mais alors il faudra réussir par tous les moyens à réaliser de bons scores aux législatives (minimum 7.5% comme en 2007) et obtenir un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale. Ces conditions permettront de garder une autonomie financière.


Les semaines qui arrivent seront cruciales pour l’avenir de notre famille politique. Celle-ci semble plus que jamais nécessaire face à la montée des extrêmes en France, pour rassembler le pays et les Français. Il faut espérer que tous les responsables de cette famille centrale s’en rendront compte pour travailler ensemble.


La réussite des prochaines échéances va dépendre de François Bayrou mais également des autres personnalités comme Jean Arthuis, Marielle de Sarnez, Anne-Marie Idrac, Jean-Luc Bennahmias, Alain Lambert, Nathalie Griesbeck, etc. Ils devront montrer une perspective crédible pour le pays et notre mouvement afin de mobiliser au maximum les Français qui croient en nos idées et nous font confiance. Il faudra capitaliser sur les personnalités, et montrer une équipe bien plus complète que celle que les Français auront pu apercevoir pendant la présidentielle.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 09:40

Le premier tour de l’élection présidentielle n’a pas été à la hauteur de nos attentes. Le score de François Bayrou est décevant. C’est une claque. Les Français n’ont pas compris que nous portions un message d’espoir et non pas un message d’austérité. Il faut croire que le discours de vérité, qui parle à la raison, ne fonctionne pas face aux promesses, et à l’émotionnel. Les Français semblent vouloir s’enfermer dans un cul de sac plutôt que d’emprunter le chemin de la sortie de crise. Les Français doivent s’attendre à des lendemains qui déchantent.


Le score des extrêmes (30%) et particulièrement de Marine Le Pen (18%) est une deuxième claque dans cette élection. La crise a toujours aidé le vote des extrêmes mais voir le FN atteindre le meilleur score de son histoire nous prouve bien qu’il y a un mal qui ronge la France. Le niveau du débat de cette campagne que certains ont transformée en référendum anti-Sarkozy n’aura pas amélioré les choses.


En Bretagne, le score de Bayrou est une nouvelle fois plus haut que la moyenne nationale, élément significatif qui nous prouve que quelque chose de fort peut exister ici. Face à la montée des extrêmes, notre projet est plus que jamais nécessaire pour le pays.

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