4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 10:00


Les Irlandais se sont donc prononcés en faveur du Traité de Lisbonne lors de leur deuxième consultation (la 1e ayant échouée en 2008). Nous pouvons être heureux de cet évènement, cependant, il est dommage de constater qu'il aura fallu une crise financière et économique pour que celui-ci se réalise.


"C'est un grand jour pour l'Europe"

S
elon les premiers résultats officiels diffusés samedi 3 octobre, le "oui" au second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne était largement en tête avec près de 67 % des voix après dépouillement des bulletins de vote dans 28 des 43 circonscriptions, soit 37 % des suffrages.


Avant même les résultats officiels, Dublin s'est félicité de cette victoire du "oui". "Aujourd'hui, le peuple irlandais a parlé de façon claire et décisive, c'est un grand jour pour l'Irlande et c'est un grand jour pour l'Europe", s'est réjoui le premier ministre irlandais Brian Cowen, avant même la publication des résultats définitifs du référendum, attendus en fin d'après-midi. Micheal Martin, ministre irlandais des affaires étrangères, a estimé que "c'est une victoire très convaincante du 'oui' cette fois". Quant aux partisans du "non", ils ont rapidement reconnu leur défaite. "Nous pensons qu'il s'agit d'une victoire très convaincante pour le camp du 'oui'. Les Irlandais sont terrifiés. C'est un vote basé plus sur la crainte que sur l'espoir", a déclaré Declan Ganley, chef du groupe Libertas, et chef de file des opposants au texte.

Les chefs d'Etat européens ont également salué cette victoire. "Ce vote, qui couronne les efforts accomplis notamment lors de la présidence française pour apporter une réponse aux préoccupations qu'avaient exprimées les Irlandais, est une grande satisfaction pour tous les Européens", a déclaré le président français,
Nicolas Sarkozy. "Il appartient maintenant à la présidence suédoise de prendre toutes les initiatives nécessaires pour que le Traité de Lisbonne entre en vigueur au plus vite", conclut le communiqué de l'Elysée. L'Allemagne est également "très heureuse" de l'approbation du traité de Lisbonne par les Irlandais, a affirmé la chancelière Angela Merkel, ajoutant que le "oui" des Irlandais est un "pas important" pour l'entrée en vigueur du texte.


Fredrik Reinfeldt, premier ministre suédois et président en exercice de l'Union européenne, a estimé que "c'est un grand jour pour l'Europe". "Je crois fermement que le traité de Lisbonne fera que l'Union européenne élargie soit plus démocratique, plus efficace et plus transparente", a-t-il ajouté. "Merci l'Iralnde", a lancé José-Manuel Barroso, président de la Commission européenne. "Tous les Etats membres de l'UE ont maintenant approuvé démocratiquement le traité de Lisbonne démocratiquement, par un vote soit populaire soit parlementaire (...) J'espère que les procédures nécessaires à son entrée en vigueur pourront être terminées dès que possible par la Pologne et la République tchèque", a-t-il précisé.


Quant au très eurosceptique président tchèque, Vaclav Klaus, il a refusé de se prononcer sur la date où il déciderait d'apposer ou non sa signature au traité de Lisbonne. "Ce n'est pas à l'ordre du jour et ce n'est pas non plus à mon ordre du jour de répondre à des questions de ce genre", a-t-il déclaré samedi après la victoire du "oui" au référendum irlandais.

 
Le Monde

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 10:00

Il y a quinze mois, les Irlandais avaient dit "non" au traité de Lisbonne. Ils devront se prononcer à nouvau vendredi 2 octobre et cette fois l'Union européenne espère bien un "oui" qui débloquerait la réforme des institutions européennes.


Le premier ministre irlandais Brian Cowen a sonné le rappel, jeudi, dans une déclaration appelant "tout le monde à voter". "Le soutien en faveur du oui est solide mais il ne faut rien considérer comme acquis", citant des sondages favorables à l'adoption du traité avec de 48 % à 68 % de "oui" contre 7 % à 33 % pour le "non".

Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes,
Dick Roche, a de son côté mis en garde contre "un excès de confiance", mais on voit bien que l'attitude de Bruxelles est bien loin de celle qui prévalait en juin 2008, avant le premier référendum. Les sondages étaient pessimistes et les 4,3 millions d'Irlandais, soit moins de 1 % des Européens, avaient finalement rejeté Lisbonne à 53,4 %.


"SPÉCIFICITÉS CELTIQUES"


L'Irlande, seul pays tenu par sa Constitution d'organiser un référendum, a accepté de faire revoter la population moyennant des contreparties. L'UE a assuré qu'elle ne toucherait pas aux "spécificités celtiques" : l'interdiction de l'avortement, la neutralité militaire et un faible taux d'imposition. De plus, si le traité est adopté, l'Irlande continuera à disposer de "son" commissaire européen. "Ces garanties sont irréfutables… et ont modifié de manière substantielle la dynamique du référendum", avait assuré mercredi 30 septembre le premier ministre Cowen.


Dans les pubs de Dublin, le traité de Lisbonne a suscité bien moins d'intérêt que le récent 250e anniversaire de la Guinness, d'où les précautions de Brian Cowen et Dick Roche. Conscientes de l'apathie d'une population à qui l'on demande de voter deux fois sur le même texte, les forces du "oui" ont fait jouer la corde sensible de l'économie et surtout des emplois.


"En votant oui, vous aiderez l'Irlande à rétablir son économie"


Les "nonistes" dénoncent une campagne du "oui" alarmiste et estiment que les garanties ne changent "pas une seule virgule" au traité, selon le mot de Gerry Adams, leader du parti nationaliste Sinn Fein. D'autres parient sur un vote sanction contre un gouvernement impopulaire et qui a eu bien du mal à faire passer un plan de sauvetage des banques ayant coûté 54 millions d'euros.


"Oui, les gens sont très en colère… mais je pense qu'ils sont capables de faire la différence"

, a assuré M. Roche. Les maisons de paris, elles, ont déjà voté : elles prévoient la victoire du "oui" à 60-65 %. "Ça semble couru d'avance", déclare Leon Blanche de Boylesports, qui a déjà commencé à payer ceux qui ont misé sur le "oui".

Le Monde.
, a asséné le premier ministre Cowen, recevant l'appui marqué de certains des plus grands hommes d'affaires du pays. Le patron de Ryanair, Michael O'Leary, achète des pleines pages de journaux barrées d'un grand "oui à l'Europe".

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 10:00



A lire ce titre, je sais ce que vous allez vous dire. Voilà que David se met à délirer. Et bien non, je ne pense pas délirer. Nous sommes aujourd’hui entrés dans une crise terrible pour les milieux de la production agricole. La période de transition avec
la réforme de la PAC (Politique Agricole Commune) risque d’être difficile pour les professionnels concernés.

 

L’idée de faire tourner des moteurs au lait est peut être farfelue mais le titre pose en fait une question essentielle : Que peut-on faire de nos ressources ?

 

Si le marché du lait est très faible, c’est sans doute qu’il y a eu surproduction de matière mais ne devrions nous pas réfléchir à comment l’utiliser ? J’aimerai rappeler à chacun que chaque ressource de notre environnement cache des propriétés souvent « fabuleuse ». Par exemple, d’où vient le premier plastique ayant un intérêt à porté industriel ? Du Lait !

 

Ainsi, les propriétés des molécules Bakélite et caséine se trouvant dans lait ont servi pendant des siècles aux Hommes.

 

De manière plus général, c’est sur tous nos produits, déchets et ressources que nous devons porter une réflexion car nos déchets doivent devenir de nouvelles ressources tel que les sarments des vignes tandis que nous devons réussir à trouver l’équilibre juste entre ressources et consommation pour assurer la durabilité de nos sociétés.

 

Nous devons pour permettre cela valoriser la recherche en Europe et faciliter les découvertes avec des moyens puissants. L’Europe a aujourd’hui décidé d’aller dans ce sens car la réforme de la PAC vise à réduire les dépenses de celle-ci (40% du budget de l’UE en 2008) afin de mettre de l’argent dans d’autres secteurs.

 

Pourtant, cette réforme ne doit pas se faire sans les agriculteurs. Ceux-ci structurent en effet notre territoire et nous apporte ce que nous avons besoin de plus essentiel. La PAC de demain devra aider les producteurs et agriculteurs à avoir une politique d’avantage qualitative que quantitative mais pour cela nous devrons protéger notre marché et bien sûr permettre aux autres marchés de se créer.

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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 10:00

Circulez, y a rien à voir. L'Union européenne (UE) choisit le président de la Commission pour les cinq ans à venir mais, surtout, parlons-en le moins possible. Les élections européennes ont été une occasion ratée de mener ce débat : les enjeux nationaux ont dominé la campagne tandis que les partis socialistes européens se gardaient de proposer un candidat qui aurait pu incarner le renouveau. Et cela continue, sous la pression des vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement qui, dans une belle unanimité, poussent à la reconduction de José Manuel Barroso. Sa famille - le Parti populaire européen (PPE), l'UMP en France - est arrivée en tête aux élections ; elle constitue le plus grand groupe parlementaire. Le Parlement n'aurait plus qu'à avaliser ce choix. Circulez, y a rien à voir ? Pas si sûr.

Le changement climatique s'accélère. Le monde traverse une crise économique et sociale d'une violence inégalée. Des tentations protectionnistes mettent en péril le marché intérieur au moment où se creusent des déficits abyssaux qui, à terme, pourraient saper l'euro. L'absence de politiques communes sociales et fiscales européennes a nourri de justes interrogations contre l'Union européenne. Le contexte est exceptionnel. Et tout ce que les 27 gouvernements proposent, c'est de prendre le même et de recommencer !


Aucun bilan de l'action de M. Barroso n'a été dressé. Si, sous sa présidence, certains dossiers ont avancé, comme par exemple le paquet énergie climat, la Commission a souvent capitulé devant les égoïsmes nationaux, quand elle n'a pas manqué à son devoir d'initiative, freinant notamment, des années durant, la régulation des services financiers. Sous prétexte de "mieux légiférer", sa Commission n'a, dans bien des domaines, pas légiféré du tout, comme par exemple en matière de transport routier ou de mutualité. Loin de nous rassurer, le fait que le candidat ait le soutien des Vingt-Sept a de quoi inquiéter. Il est le plus petit dénominateur commun ; il séduit parce qu'il ne dérange pas. Pilotant une institution où chaque Etat envoie désormais son "représentant", il se garde bien de fâcher ceux qui le font roi. Nous avons bien conscience que, dans une Union à vingt-sept, hétérogène, le "job" est difficile. Raison de plus pour bien choisir le titulaire.


Le dilemme qui, depuis les origines, caractérise l'intégration européenne reste d'actualité : certains prétendent qu'une vague coordination des politiques des Etats suffit pour donner naissance à une Europe forte. C'est une illusion. L'Europe intergouvernementale n'est qu'un ersatz d'Europe, une supercherie, une Union "bidon" qui n'impressionne personne à Washington ou à Pékin.


Qu'on les aime ou pas, les politiques communautaires (concurrence, commerce international, environnement), tout comme l'euro, existent et sont respectées dans le monde entier. Le reste, c'est du vent ! Les chômeurs cherchent en vain les emplois que la "méthode ouverte de coordination", chère à M. Barroso, devait apporter. Les Russes se délectent de nos divisions en matière énergétique et diplomatique. Avec la montée en puissance du G20, José Manuel Barroso risque d'être de plus en plus le simple secrétaire général des Etats, les "grands" pays défendant seuls leurs intérêts, les "petits" n'ayant plus qu'à se chercher des "protecteurs". Retour au XIXe siècle.


Avons-nous inventé la Communauté puis l'Union européenne pour en arriver là ? Est-il possible que les Français et les Allemands cautionnent cette terrible régression ? Relisez Monnet ! Lisez les remarquables Memos to the New Commission ("Mémos pour la nouvelle Commission ") que le centre de recherches indépendant Bruegel vient de publier, sous la direction d'André Sapir (www.bruegel.org). Ce groupe d'économistes de toute l'Europe tire la sonnette d'alarme : l'UE est à la croisée des chemins. Ou elle reprend le chemin de l'union véritable, en adoptant, face à la crise et au changement climatique, une approche commune, intégrée, ou, à terme, elle est condamnée.

Lisez l'appel de Mario Monti, ancien commissaire à la concurrence et au marché intérieur qui, dans

 Le Monde du 8 juin dernier, plaide pour "relancer l'Europe en réconciliant marché et social", par un pacte refondateur. En redonnant à l'UE une raison d'être, en permettant des politiques sociales et écologiques actives, ce pacte serait propre à reconquérir le coeur des citoyens. Toutes ces idées sont infiniment plus riches que les Orientations politiques pour la prochaine Commission rédigées par M. Barroso. Or nul ne pourra dire que ce sont là de dangereux gauchistes, des irresponsables, contestant la victoire du PPE aux dernières élections !


Le temps presse. Voulons-nous bâtir une économie de marché sociale, écologique ? M. Barroso le dit mais peut-être, comme le loup, montre-t-il "patte blanche" pour rentrer dans la bergerie. Il multiplie les références pour rassurer les brebis Vertes, centristes ou de gauche : "services publics", "économie sociale de marché", "ressources propres", "durabilité". La lecture attentive du document nous laisse sur notre faim. Pour un vrai "agenda de transformation", il en faudrait beaucoup plus : ainsi, M. Barroso met en oeuvre le plan coordonné de sortie de crise adopté l'an dernier ; il ne propose pas de plan automobile ou bancaire européen ni de création d'un superviseur financier unique, comme aux Etats-Unis (les Américains sont sans doute d'autres dangereux gauchistes). Il évoque une "décarbonisation de notre approvisionnement en électricité et du secteur des transports", sans dire comment y arriver. Sur l'agriculture ou la lutte contre le crime organisé, il ne dit quasiment rien.


Nous connaissons trop les talents inouïs de camelot de M. Barroso pour lui accorder le bénéfice du doute. Avec un programme censé être proeuropéen, il a conquis le nouveau groupe ECR (des conservateurs et réformateurs européens), composé de conservateurs britanniques, de Polonais du parti Droit et Justice et de Tchèques eurosceptiques. En son temps, Jacques Delors était insulté par les eurosceptiques britanniques. C'était meilleur signe.


Cette affaire cache une question importante pour l'avenir de l'Europe : sommes-nous encore à l'ère de la diplomatie ou la démocratie est-elle prise au sérieux par les dirigeants européens ? L'UE est une construction originale, une union d'Etats et de peuples où deux organes, le Conseil représentant les Etats et le Parlement, décident ensemble. En dépit de réformes nombreuses, voulues par les Etats, allant toutes dans le sens du renforcement du Parlement, le Conseil persiste à rechercher une unanimité mollassonne. Il a voulu faire passer en force son candidat dès la première séance du Parlement, en juillet, sans débat. Maintenant, les gouvernements pressent pour que le vote de désignation intervienne le 16 septembre, sous le régime du traité de Nice, au lieu d'attendre trois semaines, ce qui permettrait, si les Irlandais votent oui, d'appliquer le traité de Lisbonne, levant ainsi des doutes juridiques.


Au Parlement, il est vrai, de prendre ses responsabilités. Pour l'assemblée européenne qui ne brille pas toujours par son souci de l'intérêt supérieur européen, c'est un test. Trop de députés, prisonniers de schémas de pensée nationaux, écoutent docilement les "instructions" venues des capitales, même les plus surprenantes. Ainsi, les socialistes espagnols vont, nous dit-on, soutenir M. Barroso "par solidarité ibérique". Olé ! Trop de responsables ont pris goût à des petits arrangements entre groupes politiques, faisant primer leurs ambitions personnelles. Conseil, Commission, Parlement, toutes les institutions doivent prendre leur part de responsabilité dans la défiance dont l'UE fait l'objet. Nous aurons l'Europe que nous méritons. Notre vote contre M. Barroso n'est pas une bataille contre un homme ni un parti, c'est la défense d'une certaine conception de l'UE.


Daniel Cohn-Bendit est coprésident du groupe des Verts au Parlement européen ;

Sylvie Goulard est députée européenne (ADLE).

Le Monde.

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 10:00


Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement et vice-présidente de la commission environnement du Parlement européen pour le Modem, exclut de voter pour José Manuel Durao Barroso. Au cours d’un déjeuner de presse, aujourd’hui, au Parlement européen, elle a jugé que ses « orientations politiques », présentées jeudi dernier, étaient un « enfilage de perles et je reste polie »… « Il est pour tout, pour que l’Europe soit plus sociale, plus régulatrice, plus verte, etc. Il a peut-être changé, mais je ne suis pas plus convaincue qu’avant. Il a donné une telle image de l’Europe que le reconduire n’a aucun sens ». Bref, « sauf événement majeur, le Modem votera contre lui ». En privé, des élus de l’UMP sont sur la même longueur d'onde, même si officiellement leur parti soutient la reconduction de Barroso.

Demain, le président sortant sera auditionné par les groupes socialiste, libéraux-démocrates et vert. Notons que seuls les Verts ne recevront pas Barroso à huis-clos, ce qui est une très bonne nouvelle. Il a déjà obtenu le soutien des deux groupes eurosceptiques et du PPE, sans surprise. Jeudi, les présidents de groupe décideront de voter ou non sur son investiture la semaine prochaine.

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