23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 15:16

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Après la crise grecque qui aura secoué l’Europe et les marchés financiers, c’est au tour de l’Irlande de faire appel à l’UE et au FMI pour l’aider à surmonter une dette de plus de 32% du PIB que le pays se retrouve dans l’incapacité de financer.


L’effet boule de neige de la dette en Europe risque même de bouleverser l’ensemble de l’UE et déjà les experts commencent à s’interroger sur les risques de contagion de cette nouvelle crise au Portugal et en Espagne.


La crise irlandaise tout comme la crise grecque montre un besoin d’assainissement des comptes publics et des politiques économiques en Europe. C’est la bulle immobilière et le dumping fiscal qui sont à l’origine des difficultés irlandaises. Pourtant, le pays ne montre aucune volonté de changement dans sa politique économique. Une fois de plus, on appelle les citoyens à se serrer la ceinture dans un contexte mondial tiré vers le bas.


L’échec du dumping fiscal


L’Irlande a réussi à booster son économie pendant des années en pratiquant un dumping fiscal féroce par rapport à ses voisins européens. Le taux irlandais de l'impôt sur les bénéfices des sociétés n'est que de 12,5%, alors que la moyenne dans la zone euro est de 25,7%. Celui de la France est de plus de 33%, celui de l'Allemagne à près de 30%.


Si les entreprises étrangères sont venues s’installer en masse sur l’île, cette politique est loin d’avoir porté ses fruits en terme financier et les irlandais ont vécu au dessus des moyens qu’ils se donnaient (cf impôt sur les sociétés).


Les sociétés ont pu largement profiter de la fiscalité irlandaise pour s’ouvrir une porte peu chère sur le marché européen et s’est encore une fois l’ensemble du niveau de vie des européens qui a été tiré par le bas au profit des entreprises et de leurs bénéfices.


Le dumping fiscal irlandais constitue donc un échec et montre à quel point cette politique doit changer au sein de l’Union Européenne.


Le désir d’Europe


Les crises irlandaise et grecque devraient être une opportunité formidable pour les pro-européens de réaffirmer le désir d’Europe. Si le dumping fiscal et la concurrence entre pays membres de l’Union Européenne ont des effets néfastes c’est parce que la construction européenne doit passer par une harmonisation fiscale et sociale.


La politique économique devrait être commune au sein de l’UE ce qui éviterait que chaque pays ramène la couverture à lui comme le fait l’Irlande. Cela permettrait également à l’Europe de peser véritablement au niveau mondial afin de protéger les acquis sociaux européens et de pousser les autres Etats du monde à avoir une politique allant vers plus de protections sociales et de confort.


C’est seulement ensemble, à plus de 500 millions de citoyens que nous pourrons nous protéger d’un marché mondial déséquilibré et que nous pèserons car, comme dit le dicton, l’union fait la force. Nous devons être solidaires mais cela dans un respect mutuel et avec la rigueur qui incombe à toute relation de confiance.


Maintenant, il faut rebondir


L’Europe qui part dans 4 directions différentes ne fonctionne plus. Profitons dès à présent des crises irlandaises et grecques pour refondre enfin notre politique économique afin que tous les pays de l’UE aient des objectifs communs.


L’Europe stagne aujourd’hui face à une mondialisation qui se construit à vitesse accélérée. Il est temps qu’un véritable sursaut s’opère pour que le projet européen se remette en marche et se bâtisse pour les européens.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 05:00

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Alors que « notre » Président de la République s’est ridiculisé à Bruxelles lors une confrontation que l’on pourra certainement qualifié de mémorable avec José Manuel Barroso, le président de la Commission Européenne, sur la question des Roms et de leurs expulsions,  Celui-ci persiste et signe. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy n’aura pas été très fin inventant une discussion qu’il aurait eu avec Angela Merkel, la Chancelière allemande.


Au moins il aura reçu un soutien « de poids » avec  Berlusconi mais ce n’est pas sûr qu’un tel soutien soit positif. Enfin, la France se retrouve bien isolée en Europe et à l’International. Certains diront même que nous nous ridiculisons et que les actions du gouvernement ne sont pas dignes du pays des Droits de l’Homme.


D’ailleurs, en parlant de gouvernement, c’est un peu la fuite en avant aujourd’hui. L’UMP a ironisé pendant des mois sur la cacophonie du PS mais ses dirigeants se retrouvent aujourd’hui dans le même cas. Et entre les diverses affaires et les retraites, le débat politique est au niveau zéro comme l’a dit Marielle de Sarnez.


En tout cas, Sarkozy n’est pas prêt de s’arrêter. Comme certains analystes le disent, le Chef de l’Etat pourrait profiter de la situation dans une certaine mesure. Mais il n’y a de toute manière aucun doute sur le fait que Sarkozy et ses conseillers avaient déjà calculé les résultats de sa politique vis-à-vis des Roms.


Cependant, la droitisation du Président séduit peut être les électeurs du Front National mais elle est loin de faire plaisir aux centristes du gouvernement et de la majorité. C’est d’ailleurs étrange que ceux-ci soient inaudibles actuellement et acceptent sans ciller le discours ambiant.


Enfin, je conseillerai une chose à Nicolas Sarkozy ; qu’il continue sur sa voie et nous montre enfin son vrai visage, histoire de réveiller certains et de leur ouvrir les yeux. Il est temps que les gens qui ne cautionnent pas cette politique électoraliste le fassent savoir et quittent les rangs d’un parti fascisant.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 09:50

Le parlement européen a décidé de réagir face à la politique actuelle du gouvernement concernant la population Roms de France. Jean-Luc Bennahmias nous en dit un mot:

 

Discriminés de part leur origine, les Roms en Europe, sont l'objet d'une surenchère malsaine qui ne cesse de s'accroitre.

En cela, il devenait urgent de réagir.

C'est précisément, la substance de la résolution adoptée ce matin par notre groupe Démocrate, nos collègues européens socialistes, verts et de la Gauche européenne.


Le Parlement s'est ainsi déclaré «vivement préoccupé par les mesures prises par les autorités françaises ainsi que par les autorités d'autres Etats membres à l'encontre des Roms et des gens du voyage prévoyant leur expulsion» et a demandé à Paris comme aux autres autorités «de suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms».


Il devient maintenant impératif d'agir !

Car rester passif devant l'exil de citoyens européens en Europe aurait quelque chose de grotesque et d'intolérable.
Ni la volonté politique, ni la qualité des dépenses budgétaires ne sont aujourd'hui au niveau des enjeux sur ce dossier.
Si corruption, blocage en tout genre il y a, alors, l'Europe a le devoir d'y mettre fin !

Les sommes allouées n'ont pas vocation à subir le même sort que l'eau du tonneau percé des danaïdes ! L'Europe doit consciencieusement s'assurer de l'utilisation précise, ciblée et efficiente des 10 milliards d'euros du Fonds social européen pour l'inclusion des Roms car les besoins sont énormes!

Education, Formation, Logement... Sur ce dossier l'Europe a clairement les capacités de faire toute la preuve de sa valeur. Agissons collectivement !

Jean-Luc Bennahmias
Député européen, vice-président du Mouvement Démocrate

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 11:00

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Les français auront donc battu un record historique de médailles et de titres à Barcelone et nous auront, par la même occasion, permis d'oublier notre catastrophique résultat aux mondiaux d'Afrique du Sud. Bravo! Maintenant il va falloir durer dans le temps. Je vous mets en lien l'article de l'Equipe sur le sujet qui résume parfaitement la razzia française.

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 14:00

Sylvie Goulard, eurodéputée de la circonscription Ouest nous raconte dans cette lettre sa première année de mandat au Parlement Européen. Elle nous parle des dossiers sur lesquels elle a été amenée à travailler et sur son parcours tout au long de cette année. Enfin, elle nous annonce déjà la couleur pour la suite. Bonne lecture.

 

14 juillet 2010

Chronique de Carnac - un an après...

 

2855 1124549226270 1003301251 30406428 7443201 nIl y a un an se tenait la session inaugurale du Parlement européen à Strasbourg. Après tant de découvertes et de voyages, il est bon de souffler un peu et, dans la belle lumière d'un soir breton, de prendre du recul sur l'année écoulée.

 

La première chose qui mérite d'être soulignée est l'intensité de l'activité : les sessions sont nombreuses et souvent, les commissions parlementaires siègent en même temps, ce qui astreint à une course permanente. Il est aussi indispensable de se tenir au courant de ce qui se passe dans la circonscription (13 départements...) mais aussi dans les autres Etats membres voire, sur certains sujets comme la finance, dans des pays tiers importants, je pense notamment aux Etats-Unis. La technicité très grande des dossiers appelle un travail personnel important. Rapporteur d'un texte sur la création d'un comité européen du risque systémique, j'ai aussi reçu et auditionné des dizaines de professionnels, académiques, fonctionnaires et journalistes. La presse doit en effet être informée en permanence pour que les citoyens comprennent mieux les enjeux. Ainsi, tout concourt à engendrer une charge de travail considérable. Cette année d'expérience a conforté mon hostilité au cumul des mandats, cette spécificité française qui nuit tant à notre influence au Parlement Européen. C'est la raison qui m'a poussée à favoriser une transition en douceur au Mouvement européen France. Je resterai un membre actif du Bureau du MEF mais Christian Philip, qui a tout ma confiance, a été élu à la Présidence fin juin, ce dont je me réjouis. Je tiens à me consacrer à temps plein à mon mandat de député européen. Ce n'est pas de trop.

 

Aussi ma priorité de cette première année a-t-elle été de m'enraciner au Parlement. Les réputations se forgent vite, la « machine » est complexe. Pour compter, mieux vaut être apprécié non seulement des collègues français mais conquérir ses galons par delà les frontières et prendre rapidement des responsabilités. Il faut savoir écouter les autres parlementaires, comprendre leurs contraintes et leurs buts. Notre grande chance est d'avoir Guy Verhoftstadt comme Président de groupe : Premier ministre de la Belgique pendant une décennie, il connaît bien les rouages européens. Doté de convictions fortes et étayées, c'est un leader exceptionnel dont le rayonnement dépasse sa famille politique. Il a beaucoup contribué au succès du PE dans la bataille sur le service diplomatique européen ou sur SWIFT. Il suit de près le dossier supervision, ce qui m'a permis de travailler étroitement avec lui.

 

Rétrospectivement, je suis très heureuse du choix de la commission ECON (économie et monnaie) qui, avec la crise de l'euro, s'est trouvée dans l'œil du cyclone. Et, plus encore, je mesure ma responsabilité après avoir été désignée par mes collègues comme coordinateur du groupe ALDE au sein de cette commission. Le coordinateur dialogue avec les autres groupes, distribue les rapports entre les députés, s'exprime comme la voix du groupe sur ces sujets. Peu de « petits nouveaux » ont cette opportunité. Être arrivée au Parlement européen avec des années d'expérience communautaire a grandement facilité mon insertion, par exemple dans mes rapports avec l'équipe de Michel Barnier, commissaire en charge des services financiers ou avec les représentations permanentes, qu'elles soient française allemande ou britannique, par exemple. À plusieurs reprises, pendant la coupe du monde où le jeu collectif des Espagnols était vanté par les commentateurs, j'ai pensé à la similitude avec le travail d'équipe au niveau européen. Aucun joueur ne peut gagner seul. Passer la balle compte autant que de marquer le but. Mais encore faut-il occuper le terrain.

 

C'est encore plus vrai à la Commission temporaire sur la crise où nous cherchons à tirer les leçons de ce qui s'est passé et à ouvrir des pistes. En marge de ce travail, j'ai été amené à rencontrer nombre de banquiers, financiers, assureurs et à participer à de nombreux panels. L'un des plus intéressants a consisté, à Rome, à intervenir aux côtés de Giulio Tremonti, Dominique Strauss-Kahn et Mario Monti sur l'investissement de long terme, à l'invitation de la Caisse des dépôts française et de son homologue italienne. Comment diriger l'épargne vers l'investissement durable, la croissance réelle ? Comment éviter le vain jeu de la spéculation, notamment à travers des techniques proches du casino (spéculation à des centièmes de seconde du « fast trading », marchés cachés des dark pools)? Notre avenir dépend en partie de notre capacité à relever ce défi.

 

En commission AGRI, j'ai noué aussi une relation étroite avec le coordinateur du groupe ALDE, George Lyon qui a rédigé le premier rapport sur la réforme de la PAC voté la semaine dernière. Ce rapport reprend les préoccupations majeures  des agriculteurs de l'Ouest : importance stratégique de l'agriculture, sécurité alimentaire, « biens publics » fournis par les agriculteurs, défense du revenu, maintien du budget de la PAC, environnement et changement climatique. Notre voyage commun en France lui a été utile, je crois, pour mieux percevoir nos visions et contraintes. Le rapport final a été voté à une large majorité en plénière. Il fera date.

 

Voilà pour les premiers dossiers mûrs. L'aventure continue. Une fois bien établie après une année de mandat au Parlement, une fois - j'espère ! - l'énorme dossier de la supervision financière bouclé -je voudrais à la fois creuser ce sillon et retourner plus fréquemment sur le terrain. Le littoral a été cruellement frappé. La crise continue à toucher des populations nombreuses. Déjà de nombreux groupes de jeunes ou de professionnels sont venus me voir à Bruxelles et Strasbourg, découvrant la réalité parlementaire, la diversité linguistique et politique de l'UE. Je suis toujours émue devant l'engagement de certains enseignants qui arrivent avec des groupes de jeunes motivés et bien préparés. Je garde un bon souvenir de mes échanges avec les banquiers de terrain qui l'ont tenue au courant de la crise telle qu'elle est « vécue ».

 

Le groupe de mes correspondants m'a aidée à maintenir le lien avec l'Ouest ; ils travailleront encore à mes côtés et je les en remercie, comme je remercie mes collaborateurs Heather, Sylvain, Stéphane qui m'épaulent avec efficacité.

Bonnes vacances à tous !

 

Sylvie Goulard

www.sylvie-goulard.eu

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