1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 09:00

Depuis le début de la négociation pour un accord de libre-échange entre l’Union Européenne et les Etats-Unis, j’ai émis des doutes sur cette opération, mais jusqu’à présent je n’ai pas su m’exprimer concrètement dessus.

 

Jean Quatremer, le journaliste de Libération permanent à Bruxelles, a parlé du sujet durant une interview dimanche sur Canal+ et je dois dire qu’il a parfaitement formulé les craintes que l’on peut attendre d’une telle négociation avec les USA.

 

Je rapporte ici quelques-uns des propos tenus par ce fervent défenseur de l’Europe politique :

 

« C’est la pire idée qu’on n’ait jamais eu de faire ce grand marché. On va abandonner notre système social face aux américains et le pire c’est que les responsables politiques disent « c’est une mauvaise idée mais nos entreprises sont pour parce qu’on va peut-être gagner des parts de marché… ». En fait, on est ici dans une négociation de fort au faible. L’UE est divisée face à un bloc américain qui compte imposer sa conception du commerce et ses normes, son modèle de société. C’est le continent qui possède le plus de normes [nous] qui a le plus à perdre… »

 

L’Europe politique est actuellement en train de se faire vider de sa substance par la mise en place de supra-marché économique ouvert et c’est nos responsables politiques, les chefs de gouvernement comme Hollande, Merkel et compagnie qui avalisent cette décision pour que José Manuel Barroso applique cette politique ultra-libérale.

 

On pourra d’ailleurs rester attentif au discours du PS durant les élections de 2014 car François Hollande semble avoir un double discours entre Paris et Bruxelles tout comme de l’UMP car Nicolas Sarkozy a appliqué la même chose avant.

 

En fait, ce que je déplore depuis un certain temps, c’est la pensée unique qui s’est imposée au sein de l’Union Européenne. Economiquement, le seul discours accepté est l’ultra-libéralisme alors que les dernières crises économiques et la situation mondiale nous montrent que les déséquilibres entre les différentes parties du monde ne permettent pas cette philosophie économique. Les multinationales ont réussi à imposer l’abandon des frontières afin d’appliquer le schéma classique de délocalisation en prônant toujours plus d’échanges mais elles s’intéressent uniquement à leurs profits.

Il faut proposer un modèle qui oblige tout le monde à s’améliorer sur le plan social et environnemental car les entreprises ne le feront pas toutes seules. Il faut surtout obliger les multinationales à participer financièrement au fonctionnement du système plutôt que de laisser les charges écraser les travailleurs et les PME.

 

Le premier forum du PDE cofondé par François Bayrou et Francesco Rutelli, n’a pas vraiment abordé la philosophie économique que les démocrates entendent défendre en Europe mais j’espère qu’un forum entier se consacrera à cette question principale pour présenter notre modèle de l'économie sociale de marché.

 

Je pense que si nous voulons l’Europe politique, celle qui entend défendre un modèle de société durable et social, nous devons nous opposer à l’accord de libre-échange entre l’UE et les USA et nous focaliser sur la construction de l’Europe et une meilleure intégration des 28 (27 + Croatie) Etats membres pour que nous soyons capables de parler d’une voix unie. On doit défendre un modèle économique différent si nous voulons aller dans ce sens.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 21:57
Hollande : bienvenue en Sarkozy

La première année de présidence de François Hollande s’est bouclée aujourd’hui. La journée a donc été l’occasion pour toute la classe politique de faire un bilan de cette première période de gouvernance socialiste.

 

Les socialistes ont défendu le bilan du gouvernement même si la courbe de confiance du président de la République est historiquement basse par rapport à ses prédécesseurs. Main dans la main, les ténors de l’UMP, du FN et du Front de Gauche n’ont pas hésité à parler d’une année ratée pour François Hollande.

 

Si ce premier anniversaire a un arrière-goût amer pour tous les Français, c’est bien parce que François Hollande, le Président qui se voulait « normal » a omis de dire la vérité aux électeurs durant la campagne présidentielle de 2012. Il a voulu croire que son élection apporterait un changement sur le plan social, le plan économique et sur le plan politique, mais il ne suffit pas d’être élu pour ça. Cette déception doit également être l’occasion pour chaque citoyen de prendre conscience qu’on ne sortira pas de la crise de société que connait la France sans faire des efforts et qu’il y a une leçon à retenir, c’est qu’un candidat qui promet la facilité n’est pas forcément le meilleur.

 

En tout cas, le nouveau gouvernement avait une occasion unique d’impulser un nouveau mouvement et de changer en profondeur la société française en apportant les réformes structurelles dont l’Etat a besoin mais face à des choix difficiles, les socialistes se sont pour le moment, contentés de rafistoler les murs pour contenir la dette… Pire, pour faire face à un manque de réactivité évidente, François Hollande a décidé de faire du Sarkozy.

 

Le PS a dénoncé durant tout le mandat de Nicolas Sarkozy, ses manières et ses coups d’éclats pour occuper les champs médiatiques, mais François Hollande a maintenant décidé de faire la même chose en multipliant les effets d’annonce et les jolies formules « choc de simplification », « plan d'investissement sur 10 ans » mais le concret n’apparait pas encore et beaucoup de promesses ont été purement abandonnées. D’ailleurs, je rigole doucement quand je vois que certains Français seraient prêts à réélire Nicolas Sarkozy à la tête du pays alors que personne ne le supportait durant son mandat.

 

La grande réforme de cette première année pour Hollande restera donc la loi sur le mariage pour tous qui symbolise une avancée sociale majeure mais ne répond pas à l’urgence économique dans laquelle se trouve le pays.

 

Le début du mandat de François Hollande aura en tout cas montré que François Bayrou, le Président du MoDem, avait raison lorsqu’il affirmait que tout l’effort du pays devait se focaliser sur l’activité, sur l’économie, l’entreprenariat et la réussite industriel de la France.

 

Il reste 4 ans à François Hollande pour changer de méthode et pour réunir autour de la table un gouvernement resserré qui se concentrera sur l’essentiel pour apporter un projet nouveau à la France. En attendant, les Français auront l’occasion en 2014 de donner une direction en votant pour une ligne politique clair et planifier, celle du Mouvement démocrate, afin de donner du poids à François Bayrou et ses idées pour la France autour de la relance de la production, du rééquilibrage des finances publiques et de la moralisation de la vie politique.

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