David Guillerm

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Abbaye de Daoulas. De la Grèce à Rome

Publié le 7 Juin 2009 par David Guillerm in Finistère

Pour sa nouvelle exposition, l'abbaye de Daoulas a décidé d'évoquer la présence des Grecs dans le sud de l'Italie, avant l'arrivée des Romains.

Derrière un austère et ambitieux «De la Grèce à Rome, Tarente et les lumières de la Méditerranée», se cache une exposition de grande qualité, composée de 320 pièces provenant d'une vingtaine de musées européens. Certains de ces objets, souvent uniques, sont parmi les plus beaux éléments des collections que s'arrachent les plus grands musées. Malgré les efforts d'explication et de contextualisation des pièces originales présentées, le grand public sera-t-il sensible à ce cheminement proposé sur près d'un millénaire, entre la fin du VIIIesiècle avant J.-C. jusqu'au deuxième siècle de notre ère?

Socle de la culture occidentale

Sans la mobilisation générale des musées au sud de l'Italie, cette exposition, montée en un temps record, n'aurait jamais vu le jour. La moitié des pièces exposées provient du musée archéologique de Tarente(*), la cité emblématique. La période et la zone concernées illustrent parfaitement la rencontre de la Grèce et de Rome, deux civilisations dont les destins mêlés et l'héritage constituent le véritable berceau de notre culture occidentale. La fondation de Tarente vers706avant J.-C. illustre le vaste mouvement de colonisation des Grecs en Italie. Un groupe de parias venus de Sparte fonde la cité en important techniques, organisation et mode de pensée helléniste sur les terres d'une population indigène qui ne rendra jamais les armes. Jusqu'à la domination progressive des Romains et la première prise de Tarente (272 avant J.-C.).Mais l'influence des Grecs continuera de se diffuser, au sein de la puissante Rome.

Vases, casques, rhytons...

Cette exposition, conçue par Yann Rivière, un Brestois d'origine, directeur des études pour l'Antiquité à l'École française de Rome, évoque finement les phénomènes d'emprunts et d'acculturation entre civilisations et peuples voisins. On découvre incidemment que les Celtes fréquentaient le sud de l'Italie, que certains d'entre eux étaient enrôlés comme mercenaires à Tarente. On pourra admirer, jusqu'à la fin de l'année, les vases, les amphores, les rythons (récipients utilisés lors des banquets), mais aussi les casques en bronze, bijoux en or, gorgones et statues. Un jardin temporaire a même été créé dans l'esprit de la thématique. Cette plongée lointaine atteindra-t-elle les sommets des 96.000 visiteurs des Indiens des plaines en 2000 ? Les accros viendront probablement de loin se délecter de cette exposition. Le public familial aura plutôt intérêt de se glisser dans les pas d'un guide pour en tirer toute la quintessence.

Le Télégramme, Stéphane Jézéquel

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