David Guillerm

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François Bayrou veut incarner "l'alternance"

Publié le 8 Septembre 2009 par David Guillerm in France

Très bon article du journal Le Monde.
ans le prolongement de la main tendue à la gauche par Marielle de Sarnez, François Bayrou a clos l'université du MoDem, dimanche 6 septembre à la Grande-Motte (Hérault), par "une offre publique de dialogue" à "tous ceux qui ont la volonté de l'alternance en commun".

Le chef de l'opposition ? C'est lui ! Sur le fond, M. Bayrou a commencé par un impitoyable réquisitoire contre le pouvoir, en se défendant, sourire aux lèvres, d'être "antisarkozyste" : "Je
ne suis en rien contre Nicolas Sarkozy. Mais je suis en tout contre ce que Nicolas Sarkozy est en train de faire de la France. Ce n'est pas une affaire de personne, c'est une affaire de pays."


Fiscalité favorable "à ceux qui ont le plus", suppression du juge d'instruction, régressions sociales, organisation d'une "société de domination" par la mainmise sur les réseaux économiques, médiatiques, financiers ou perte des valeurs républicaines, le bilan est à ses yeux plus qu'inquiétant. Les quelque 2 000 participants ont applaudi en rythme, longuement.


"Notre devoir, c'est de construire une alternance crédible pour ce pays"
, a poursuivi le président du MoDem. Ainsi a-t-il refusé de se laisser enfermer par la première secrétaire du PS qui lui demandait "d'être clair". "Eh bien, Mme Aubry, je n'ai aucune preuve (de gauche) à faire, vous n'êtes pas chargée de contrôler les papiers. Dans le camp de l'alternance, il n'y a pas de surveillante générale." Succès de tribune assuré. "Pour ma part, je ne pose aucune condition. Je ne fais aucune exclusive", a déclaré le président du MoDem en proposant la constitution d'un "Parlement de l'alternance", dont les débats seraient accessibles à tous. Il y aura des divergences, a prévu M. Bayrou. Les Français les trancheront : "C'est à cela que sert le premier tour d'une grande élection", a-t-il précisé, s'excluant ainsi d'éventuelles primaires pour la présidentielle de 2012.


Grand brûlé des municipales de 2008 et des européennes de 2009, M. Bayrou en a tiré les leçons. Il ne recommencera pas pour les régionales de 2010 les accords à géométrie variable, illisibles et déroutants, d'autres scrutins. "Tous nous faisons des erreurs, moi le premier", a-t-il reconnu dans un inhabituel accès de modestie.


"Listes autonomes"


"C'est vers des listes autonomes dans toutes les régions que nous allons", a-t-il avancé, sans fermer la porte à des discussions. Il a également évoqué une stratégie unique pour le second tour. En conseil national, alors que des offres ont été déjà été faites discrètement par des présidents de région socialistes, M. Bayrou a précisé aux cadres du parti qu'ils n'avaient pas mandat pour passer des accords.


Les "unions régionales" du MoDem sont chargées de plancher sur le programme et de faire des propositions sur la composition des listes pour la mi-octobre. Tout sera tranché lors du congrès qui se tiendra à Arras début décembre. Mais l'adversaire est ciblé : "Il est évident qu'une alliance avec l'UMP n'est pas envisageable compte tenu de ses choix et du Barnum improbable que constitue la majorité", a précisé Corinne Lepage, qui a bénéficié d'une "standing ovation". Pour autant, il est hors de question d'être la "béquille du PS".


M. Bayrou a jeté son pavé et attend. Cela n'a pas tardé. Il a fustigé le "sectarisme, qui est le racisme des idées", visant Benoît Hamon, qui refusait toute discussion avec le MoDem. Le porte-parole du PS a répondu, lundi sur Canal+, que le MoDem, "objet politique difficilement identifiable", devait encore clarifier son projet.


Jean-François Copé a prédit, quant à lui, sur BFM, que "les ennuis" commençaient "pour la gauche". "Ils ont Bayrou et ils vont voir ce que c'est. (...) Ils vont l'avoir plein pot et je leur souhaite bonne chance !", a dit le président du groupe UMP de l'Assemblée nationale. Gageons que M. Bayrou y a vu une forme d'hommage.


Béatrice Gurrey, Le Monde

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